je vis dans une ville où tu as disons 50% de chances (en est-ce une?) de porter un jogging tacchini blanc, une petite sacoche vuittton (avec trois t, je pense que c'est sous ce nom que le truc se vend à belsunce) et de rêver, comme dans "tonnerre sous les tropiques" de boules en sueur & de filles qui se frottent à de grosses calandres rutilantes. le hip hop dans ce qu'il a de plus désespérant. et tout à l'heure, j'étais dans ma smart de petite bourgeoise à la con, avec "handlebars" sur volume 25 (au-delà de volume 22, le plastique d'une smart se met à trembler comme un portable sur mode vibreur). parce que cette chanson me fait un peu comme certains trucs de nas ou d'eminem ou je sais pas, du wu tan clan et de the streets bien sûr. qui auraient croisé les trompettes de cake, on va dire. enfin j'étais là à me prendre cette énorme chanson dans ma tête de blonde et à sentir mon bébé battre la mesure avec ses petits pieds (il n'y a pas que la grrrrande musique qui plait aux foetus, voyez-vous) et à ma vitre baissée, tout à coup il y avait ces deux garçons, avec leurs espèces de bandanas noirs de faux méchants, des têtes à glander devant "next" : "eh, madame ! c'est trop bon ct' musique!"
le feu est passé au vert, on a tous démarré. je sais pas si j'ai bien prononcé flobots et si on m'entendait par-dessus la fin en apothéose de cette chanson parfaite pour entrer dans la semaine.
je dis que les gens, s'ils écoutaient pas tout le temps de la merde, on pourrait carrément être copains.