(du neuf)
on ne va pas faire comme si on avait des choses à dire. on va juste rappeler que c'est le moment de faire des compils de voiture, parce que tu te vois, toi, entre montpellier et brest avec juste radio trafic ? oui, bien sûr: tu as déjà vécu un certain nombre d'aventures (de celles qui te font répéter dix fois, "plus jamais ça" : 1200 km avec une vitre passager pétée, un vent d'autoroute qui rend sourd et même pas radio trafic, par exemple, tu m'en diras des petites nouvelles). la compil de voiture est un genre en soi. à quelle heure écouteras-tu ton oeuvre? à 3 du mat' dans la france déserte, quelque part du côté de limoges (riante contrée !) ? à midi sous le cagnard de montpellier? dans les premières pluies nantaises, à l'heure du goûter? que veux-tu faire déferler sur ton vieux coeur? de la nostalgie? du désir de vitesse? des promesses? il y a des romans à écrire (des "turbo" à tourner) sur ces trajets longs où l'on redécouvre un vieux titre des smiths à chialer, avec sous les yeux des lotissements de la france moche, les premiers accords de "la nuit je mens" entre chien et loup, avec une odeur de foin qui passe la vitre ou ce vieux merveilleux holden qui t'attrape la mémoire par surprise, et qui te secoue comme un oreiller poussiéreux...
il y a des fois comme ça, on est restés, moteur allumé, garés à cent mètres de notre destination, juste pour entendre la fin de la compil'. après 12h de route et les jambes raides comme du bois.
(et puis du vieux)