à l'heure où je vous parle, mon mari ne sait pas encore que le coiffeur, cet être honni, a encore forcé à mort sur le balayage et que donc je suis blonde. pas blonde comme d'habitude, naaaan. blonde. barbie is my folk. avec mes cheveux en baguette et cette frange que tu peux te mirer dedans, on dirait une claudette. ce n'est certainement pas la femme qui a inventé l'excellente expression CDM (comme dans Coupe De Merde, http://www.nuchenuche.com/) qui me contredira: le coiffeur n'est pas l'ami de la femme. mercredi au boulot j'en connais qui vont y aller joyeux sur le "oh blonde" (avec l'accent marseillais).
bref bref.
je me fais toujours redoutablement chier chez le coiffeur. sauf une fois parce que j'étais en pleine folie dans ma tête et donc on avait tous chanté du madonna dans le salon, les apprentis, les clientes, moi, tout le monde. dehors il pleuvait, mon brushing à 60 euros avait été ruiné illico m'enfin marade tout de même. tout à l'heure, pendant que je me transformais en danseuse du crazy ("ça fait pas trop perruque?" j'ai demandé en sortant à la fille à l'accueil. "mais naaaaaaaan, enfin" qu'elle m'a fait genre en roulant des yeux. le pourliche je peux te dire qu'il n'est jamais sorti de ma poche), une femme-lynx est entrée. alors sur la south coast, c'est une espèce vachement courante: quelque part entre 50 et 70 ans, la pommette slave hyper bombée, l'oeil en amande mais curieusement figé, la bouche, bon ben la bouche d'emmanuelle béart tout simplement et le plus souvent un bronzage de bahamas et des pompes de fétichiste. ces femmes-là me mettent toujours un peu mal à l'aise, je sais pas. je sens qu'on va pas tellement trouver de trucs à se dire j'imagine. la femme-lynx d'aujourd'hui, une sorte de mouna ayoub sur le retour, elle se faisait des petites moues dans le miroir, des moues style marylin, mais comme si marylin avait eu une soudaine paralysie des muscles faciaux. à un moment le coiffeur lui a demandé un truc (style : "sucrette?") et elle a dit "j'ai pas compris, j'ai un petit cerveau." moment de terreur sur le visage de mon coiffeur: "euh, mais vous vous en servez pas de toute façon?" elle, rayonnante, toute moue dehors: "nooon! pour quoi faire ??"
je me suis étranglée dans mon gala. j'ai eu envie de rentrer à la maison écrire un roman dément sur la vie d'une femme-lynx pleine d'humour qui aurait juste dû faire semblant d'avoir que des avions dans sa tête depuis 70 ans, une femme lynx avec un mari vieux encore plus bronzé qu'elle et une super baraque meublée roche bobois et des moments de désespoir total avec ses salauds d'enfants. parce que peut-être la leçon de tout ça, c'est que la femme-lynx et moi on aurait plein de trucs à se dire? je veux dire, je suis quand même la fille châtain qui se faisait teindre en virginie effira à côté d'elle, quand même. peut-être que si mon mari était riche au point de m'offrir des lèvres pneumatiques, je serais moi aussi un peu du côté lynx de la femme?
hein, qui saît ?
ce que je peux vous dire d'autre, c'est qu'apparemment, ardisson a un goût de chiotte pour se meubler, ça faisait carrément mal aux yeux, la visite de son appart. sinon encore, céline dion en maillot de transformiste dans paris match, je dirais: dispensable.
photo: lastnightparty
http://www.myspace.com/portobrien (tu reprendras bien une petite dose de ce super folk rock? moi aussi dis donc! "I wope up today'", sur volume 56, please: j'ai peut-être pas la baraka de la blondeur, mais celle de la bonne petite découverte qui va bien, cette semaine, je dirais facile qu'elle est mine!)