à l'origine était la femme (madonna), puis vinrent ses clones (moi, jeanne mas, et quelque part, les dames de la rue curiol, dite aussi par les plus optimistes "rue de la gaudriole"). notre point commun, à nous autres, gentilles créatures du démon?
nous avons une sorte de goût incompréhensible pour la résille. la dentelle noire. toute cette sympathique vulgarité. toute cette sympathique vulgarité qui ferait dire à ma grand-mère, lèvres pincées dans son pavillon d'athis-mons, "hem ! tu as mauvais genre, ma petite-fille". mamina, qui est en réalité la personne qui durant toutes ces années a tricoté pour anne sinclair et anny blatt, a une idée précise de ce qu'une femme BIEN peut et doit se permettre. en d'autres termes: le pull mohair fantaisie, c'est oui, les collants de putain, c'est non mais ça va pas ta pauvre tête?!
bon, c'est bien joli, mais c'est vrai que c'est aussi bien casse-gueule, ce côté vénéneux de la dentelle jambiale (parfaitement, jambiale), ce côté ombre et lumière, ce côté lacéré rock salace, ce côté le mystère sophistiqué de la femme. ça appelle évidemment des images un peu bitch, de secrétaires pas farouches dans un film biélorusse sans sous-titres (pas besoin), de femmes qui sentent shalimar, de lèvres trop fardées, de macadam mouillé (j'allais dire de blues trottoir juste pour faire mouarf avec ma fabuleuse culture musicale), d'hommes faciles ("mais tous les hommes sont faciles, enfin, martine"), enfin tout ce tralala fiévreux de nos imaginations pas très originales, des fois, quand même, il faut le dire.
comme le voyage dans ces bonnes (?) vieilles 80's continue, les collants en dentelle -et même, par pitié ! son cousin le leggings dentelle- sont de retour. et ils ne sont pas très très contents? on sait pas. ils sont là, en tout cas, et c'est toujours ça que le motif plumetis n'aura pas. perso, pour la vraie vie, je suggère de calmer le jeu un peu comme la vraie jeune fille sur la photo, avec quelque chose d'un peu street-wear, quelque chose comme un sweat à capuche, une matière douce (par exemple, la jupe en cuir: eh bien c'est non. la jupe en cuir est l'autre truc de femme de petite vertu qu'on veut toutes sans trop savoir pourquoi, mais il faut parfois réfléchir, même quand on est une fille, te dirait ma mamy en mohair: ainsi, veut-on absolument passer la journée avec des hommes agitant la langue et des billets de 100 euros sur notre passage?)?
cela te regarde, martine.
Publié par piapias à 16:52:51 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (4) | Permaliens
et si les mannequins nous faisaient une petite rentrée cégétiste, une petite rentrée sociale bien chaude et rageuse de derrière les portants avec braseros, banderoles et lançage de low boots dans la tête des CRS ? parce que bon, la concurrence, il y a un moment où c'est marre, nan? après le coup des actrices chopeuses de meilleurs contrats pubs, après cette OPA du vraigens fédérateur, il allait donc leur falloir encaisser le putsch du presque pipole.
le coup du scott schuman.
voilà un type délicieusement old school, avec l'oeil qui pétille, la dent carrée, la main solide mais parfaitement manucurée, le genre de gars que tu verrais bien barrer un ketch au ponton acajou le dimanche dans les hamptons ("hi, scott!", "hi, mitch! wind is good!"). un type qui pourrait, malgré tout ce glam tranquille, se tenir à la lisière des vraigens si les vraigens hommes, par exemple, traversaient le monde avec un oeil qui saurait attraper la grâce quand elle passe, filant sur ses stilettos ou croisant ses mocassins italiens (sans chaussettes) sous un costume anglais (sur mesure). si les vraigens généralement avaient le genre d'oeil qui disaient au reste du monde la beauté assourdissante des inconnus qui passent, donnaient envie de connaître leur nom, là, juste sur leur mise, et puis où ils filaient, ces passants fulgurants, avant d'être épinglés contre le ciel de new york, dehli ou paris.
à la rentrée, scotty "abitbol" schuman, dit aussi l'homme le plus classe du monde sera l'image d'une marque qui me laisse généralement frigide: j'ai nommé, gap. tu le lis, mon limpide & habile message marketing? "on est tellement la quintessence du cool et de l'élégance que le mec qui écrit tous les jours sur son blog l'encyclopédie du cool et de l'élégance mondiaux, ben tu vois martine il est ce qui nous représente le mieux". eh ouais. parce qu'aujourd'hui l'audace est davantage sur le ouaibe que sur papier glacé. qu'une marque aussi plan-plan que gap s'en soit rendue compte montre assez la taille du gouffre qui sépare la blogo des ricains de la nôtre. mais peut-être pas pour très longtemps non plus ? tout file vite. glisser d'un blog mode à l'autre depuis un an a fini par changer ma façon de lire la fringue. mes petits magazines chéris, peu à peu, cessent d'être mes prescripteurs. mais ce que me racontent garance (doré), géraldine (café mode) ou géraldine (punky b) finit par faire son petit chemin dans ma tête. et me faire claquer de la maille. or au final n'est-ce pas ce dont rêvent tous les plans com' du monde?
il est cependant possible que lorsque la blogo d'ici aura perdu son charmant petit côté "home made", sa fraîcheur, sa jeunesse, sa fébrilité, lorsque le ramage et le plumage de nos blogueuses chéries auront été avalés, digérés, recrachés par des gars qui pensent en plans, je m'en irai respirer ailleurs. un peu saoûlée par cette époque comme un boa qui n'aime rien tant que trouver de nouveaux objets sur lesquels coller ses marques. et à laquelle nous sommes si nombreux à dire "achète-moi, achète-moi", comme une supplique amoureuse, comme si désormais tout était, tout le temps et partout, à vendre.
même un oeil plus solaire que la moyenne. même soi-même. surtout soi-même.
alors je suis pas sûre-sûre que le plan com' de gap soit une idée si démente, finalement. ça ne change pas mon regard sur la marque qui aime faire fabriquer ses flare par des nenfants chinois. ça me la rend juste encore un peu plus froide, cynique, marchande. le coup de scott, au fond, c'est un peu le coup de vieux.
pour mon/notre chouchou de sartorialist et donc, par ricochet, pour gap.
mais il est possible que mon cerveau ne fonctionne pas tout à fait comme celui d'un publicitaire ricain.
il est possible.
photo: scott schuman shooté pour gap.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=48308618 (du charmant tout doux pour finir la semaine)
Publié par piapias à 21:25:39 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (40) | Permaliens
c'est dur de tenir un blog propre et digne quand il fait encore 30° dans mon petit bureau à l'heure où l'euro est à nouveau dans mon salon (cette phrase compliquée comprend plusieurs informations sous-jacentes, sauras-tu les retrouver?). mon pc est hot. mon pc est chhhhaud comme une baleine. le parti communiste j'en sais rien, mais ce vieux loufiat-là, papinou, il fond tellement les plombs qu'il s'arrête tout seul toutes les cinq minutes depuis que l'été a commencé à marseille (alors j'ai nettoyé son petit ventilo, je lui ai flanqué le mien dans la figure, mais ça lui va toujours pas, si quelqu'un a une idée, merci pour nous parce que là c'est chiant). allez écrire de la littérature noble et enlevée avec un assistant pareil, hein !
qu'est-ce que je disais? demain y a du wow sur le ouaibe mondial, du wow qui fait la cuisse rose et la peau douce. après il y en aura encore deux-trois autres pis après encore wow va comme qui dirait prendre "quelques vacances bien méritées". il sait pas sous quelle forme sublime (forcément sublime) il reviendra à la rentrée, il se donne le temps de réfléchir, ce qui à nous toutes, les filles de wow, nous va bien comme ça. on va pouvoir passer à des trucs plus passionnants comme: ne rien glandouiller d'ici septembre. beau, vaste et louable dessein.
quoi d'autre? jane est enfin rentrée du maroc et ça me fait plaisir: elle a appris à dessiner pendant ses vacances de dépravée et il est bon de rire, parfois. j'ai écouté helluvah sur les conseils de galliane, qui reprend du service et même que c'est tant mieux et c'est ultra bien. moi aussi je voudrais avoir une voix de pj harvey pour me la dire sur les scènes parisiennes, tiens. je m'appelerais avalluvah, un truc comme ça et des louveteaux me boufferaient des yeux sauf que moi je les regarderais même pas, he he, car je vivrais que pour mon art bien entendu. oups, qu'est-ce que je disais :)? j'ai pris un coup de vieux hier soir en compagnie de jeunes gens spirituels, je me souvenais plus hyper bien ce que c'était d'être un perdreau de l'année qui débarque à marchoucrève inc. (merci bene). des fois je me demande s'il faut quitter une bouate qui vous met en colère tous les jours. des fois je me demande si c'est pas planer à 10 000 de penser que ça existe, les entreprises de bisounours. de toute façon je crois que les bisounours je serais assez cap' de les mordre.
'fin bon les éternelles questions à la noix de la fille qui coupe les cheveux en douze gratis. tout ça ne nous rendra pas le congo, dirait mon mari sympa.
on a encore pas tellement parlé de mode. eh non. qu'est-ce que je peux dire pour ma défense? ici tout le monde est pluzoumoins à poil donc les trucs d'habits, on a du mal à se concentrer dessus, faut avouer. j'ai acheté quand même une mini en jean de poutche (like on dit chez moi): elle est minuscule pour son 40 ;). mais c'est pas de la mode encore une fois, c'est juste pas crever de chaud comme un vieux pc en pleine insolation.
www.myspace.com/helluvah
photo: the cobra snake
Publié par piapias à 21:31:12 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (13) | Permaliens
quelle curieuse chose que le printemps.
pendant qu'une personne dont la décence nous oblige à taire le nom allume des garçonnets qui ont fêté leur puberté le mois dernier (www.baisersvoles.net), d'autres se font draguer par tous les vieux de la ville.
je sais que poulette et tous les fans du dr house me diront que le vieux, pour peu qu'il ait de beaux restes (une expression qui signifie plutôt pour moi que mon chien va finir le poulet), est susceptible de réveiller la lubricité naturelle de la trentenaire -en goguette ou pas d'ailleurs, de toute façon en mai tout le monde est vaguement en train d'essayer de se frotter à l'autre moitié de l'humanité. moi, je me sens plutôt comme samantha -ou était-ce carry? - dans cet épisode de "sex and the city" où la triste vérité du vieux se lisait... sur ses vieilles fesses fripées dans l'encadrement cruel de la porte de la salle de bain.
or voilà cette aberration que dieu m'envoie (dieu, le fait de porter un short en ville ou tout simplement mes mystérieuses phéromones de femme enceinte) : le vieux m'aime. le vieux me veut. le vieux m'invite à déjeuner, le vieux m'envoie des mails, le vieux veut prendre un verre avec moi sauf que le vieux n'est pas mon ami, seulement un vieux prédateur, que les choses soient claires. le vieux est heureux de me (re)voir. le vieux parle à mes seins, pour un peu il leur donnerait de petits noms. je dis "le vieux", mais c'est un terme générique: cette semaine, ce vieux, cet homme de 45-70 ans a été multiple, partout, avec ses petits yeux brillants, son expéRRRience, son prêt remboursé depuis 20 ans et son vieux cou de poulet.
je suis devenue un piège à 3e âge. la croisière des champions du senior à moi toute seule.
est-ce que je dois aller me pendre?
qu'est-ce que tout ça raconte sur moi? est-ce que je suis devenue assez vieille pour que le vieux passe outre sa peur d'être hué tel le vil pédophile? est-ce que que je suis devenue assez vieille pour que le vieux pense qu'il a UNE CHANCE de finir tout nu avec moi qui lui demande comment c'était la guerre ??? pardon mais je proteste ! je suis un perdreau de l'année ! j'ai UN cheveu blanc et en plus franck provost me le floute avec génie! je peux parler musique avec le jeune de 16 ans! les filles de 16 ans veulent être mes copines !
je ne sais même pas comment on éconduit un homme avec tact, alors un vieux !... une personne vulnérable !
http://www.myspace.com/bodiesofwater (j'accepte le vieux seulement s'il est cap' de reprendre "I guess I'll forget the sound" avec moi dans ma cuisine. sinon je garde mon baril de trentenaire, merci)
Publié par piapias à 15:49:28 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (17) | Permaliens
quand arrive le mois de juin, je suis un peu comme l'enfant innocent -mais avide- dans la dernière ligne droite avant noël : frénétique. hystérique. chiant, chiant. ben oui, la saison des festivals, c'est mon noël à moi.
alors bien sûr la foule. les merguez. la boue. la foule. la fabuleuse expérience consistant à être une fille ayant envie d'un pipi urgent et à devoir attendre une heure dans une file d'un kilomètre devant des toilettes de chantier immondes. la foule. bien sûr! mais c'est du live, martine. tes chéris jouent de la gratte en tongues. tu peux crier n'importe quoi et filmer tes amis au téléphone portable, ça fait de beaux souvenirs pour décembre.
tous les étés, j'ai un chouchou que je tente de choper par-dessus tous les autres. ces dernières années, il y a eu comme ça les strokes et il y a eu clap yours hands say yeah. il y a eu arcade fire et il y a eu lcd soudsytem. cet été il y aura vampire week end (s'il pouvait y avoir santogold en rab', ce serait la fête dans mes converse). ce qui nous fait quoi comme perspective sur sncf.com ?
eurockéennes. marseille-belfort, il faut avoir 17 ans et des copains avec un van pourri pour tenter le truc. on parle aussi d'une ville où la dernière chambre d'hôtel à 20 bornes est à 270 boules. on parle d'atterir à mulhouse. on parle de devoir caser ça sur un WE. on oublie belfort.
arras. le ch'ti plan c'est le main square festival: inconnu au bataillon mais les vampire y plantent leurs crocs le premier ouique de juillet. radiohead, sigur ros, the wombats les VWE: de quoi se laisser tenter par un week-end frikandel. mais marseille-arras? 25 h de train?
et puis pariss, ach pariss. solidays. 3h de ma maison. oui mais un FESTIVAL PARISIEN ?! avec un public parisien que même celui des vieilles charrues sous la bruine à côté il paraît torrent de chaleur et de spontanéité? avec tout hypeland qui se regarde la bride de la spartiate concentré dans un seul champ? avec un set de 3/4 d'heure? est-ce que "mansard roof" mérite la prise de risques?
www.myspace.com/santogold (où tu ressors tes leggings fluo dans la joie)
ps: alors pour une fois que j'ai pas écopé d'une pub sur les sites de célibataires et/ou les crèmes anti-pieds secs, je dis merci. je connaissais pas le garden nef party festival: c'est à angoulême, y a adam "grooar" green, the kills et the raconteurs, y a surtout ces dingues de the brian jonestown massacre ou the hives ce qui nous fait quand même de l'affiche pas dégueu. vous avez du bon plan de festiestival? vous faites tourner ?
Publié par piapias à 14:13:13 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (22) | Permaliens