peut-on porter un slim en taille 42 ?
je pense que nous nous accorderons sur un non. un non ferme, un non rebondi, un non généreux. mais un non.
dans mon magnifique open-space, l'autre matin, quelqu'un a demandé à mon chewbaka (1) "dis donc ava, qu'est-ce qu'elle a au ventre?"
qu'est-ce qu'elle peut donc avoir, la fille qui sautillait en 36 et qui tout à coup avance les pieds en canard, hein, maurice, très sérieusement, si on va par là, si on réfléchit deux secondes, si on arrête de prendre du crack à 10 du mat' ?
les journalistes sont des êtres d'une perspicacité folle. ne perdons jamais ça de vue lorsque nous disserterons sur "la crise de la presse" :).
pas de slim, donc. je bricole des systèmes macgyveriens pour parvenir à fermer mes shorts, mes jupes, mes habits et ne pas aller cul nu de par la ville, cul nu avec mon sac en bandoulière et mes pieds de daisy duck. il faut se battre pour rester digne, il faut se battre pour rester in the moove de la mode, moi je vous le dis.
tout le monde s'en fiche un peu parce que c'est encore les vacances: je sais. la blogo est en jachère et si vous croyez que mon gros bidon m'empêche de vous voir parader dans ma ville en short, en appareil photo et en sourires béats c'est que vous devriez relire les oeuvres complètes de laurence pernoud (comment une femme qui recommande le port de pantalons à taille élastique a-t-elle pu faire fortune? il y a des fois où je me dis que j'aurais du faire BTS force de vente, tiens). bref le south de la mi-août c'est tout le temps et partout des gens qui te rappellent que tu as déjà mangé ton pain blanc.
oui, je boude un peu. c'est grimpy ava. mais c'est parce que je voulais mon slim en cuir, aussi. et oui, enceinte! mais d'un autre côté je peux faire tenir des objets en équilibre sur mon ventre: alors bientôt peut-être, une balle sur mon nez et à nous le plus grand chapiteau du monde !
on se distingue comme on peut.
http://www.myspace.com/sportokantesofficial (y a des bébés qui chaloupent sur "whistle" en ce moment)
photo: balmain, tiens !
(1) voir aussi le post "relooke ton chewbaka".
ps: par ailleurs cela n'a vraiment rien à voir mais cette information mérite son poids de petits pots de crème au chocolat bonne maman: anthony dupray (j'ai failli dire "feu anthony dupray") se fait désormais connaître comme président de l'association Passion lévriers. ne me remerciez pas. je ne tolèrerai aucun "c'est qui ça, anthony dupray?". cultivez-vous, à la fin.
Publié par piapias à 10:25:21 dans inspiration | Commentaires (12) | Permaliens
entre deux shoots de beurre, je fais des trucs de fofolle. par exemple, je tombe en amour pour les habits de sonneurs (= genre de strokes de chez moi) et donc je passe tout un festival de cornouaille à les pister dans la rue comme si j'étais, je sais pas, le sartorialist des minorités régionales.
ils rigolent, ils ont un peu peur aussi, ma mum rigole, elle a un peu peur aussi, et leur fait son célèbre regard: "excusez-la, elle est enceinte" quand je vais de trop près leur reluquer les finitions (du bel ouvrage, madame, pff, du très bel ouvrage) comme si le fait de porter devant soi un ventre de la taille de jupiter pouvait constituer une excuse à ma lubricité modesque. je crois que ces gars n'ont tout simplement aucune idée de leur potentiel fashion: moi je vois très clairement comment tirer parti du gilet tradi brodé (hyper folk en fait, un coup à en faire avaler son turban à devendra) de mes bons vieux joueurs de bombarde (un slim, un marcel noir, des spartiates, des cheveux comme de la vieille beu, point à la ligne), du pantalon rayé gris des petits gars de briec (un peu les punks des bagadoù, si je puis me la péter deux secondes vu que fut un temps j'ai carrément ECRIT sur le sujet ; ouais, je sais, moi même je dois me pincer) à porter roulotté sur mes bottines lacées de topshop et même de la coiffe à découper en shorty et caracos olé olé.
bon, après deux semaines d'enquête, seule sur le sable, les yeux dans l'eau, il faut me rendre à l'évidence, mon rêve était trop beau : le gilet glazik, c'est du sur-mesure à one milliard d'euros le cm² de tissu vendu sous le manteau et seulement aux gars cap' de donner leurs mensurations en breton. alors à moins de fauter avec le bagad lann bihoué (expérience exotique devant laquelle certaine soeur à moi n'a pas toujours su résister), c'est un peu comme le slim en cuir de mes rêves de milliardaire: du triste no way.
je me console en achetant des robes noires même pas parce que ça mincit parce que je n'en suis plus là, mais parce que c'est juste ce que je vais avoir envie de porter à la rentrée. du black mystérieux et chic et vénéneux et rien d'autre. dans la vitrine du comptoir des cotonniers, il y a même mon actuel graal de sobriété: mousseline plissée, rock à la balmain et à en crever, je la veux au point qu'il est possible que je demande à ma mère de laisser tomber son projet d'achat de maxi cosy design pour elle ;) (suis-je déjà une mauvaise mère? tout ce barda logistique autour de baby me décroche la mâchoire d'ennui: je n'ai vraiment aucun avis à donner sur les poussettes trois roues et les stérilisateurs et les tire-lait me fichent les miquettes). je me dis que plus tard, mini-me comprendra (ou écrira un livre sur sa salope de mère) : les enfants sont formidables ou ce chien de jacques martin m'aurait menti?
par ailleurs, qu'on en finisse avec des rumeurs nauséabondes: sim est-il mort? un débat extrêmement épicé agite mon monde estival, aidez-nous à ne pas nous foutre sur la gueule. question subsidiaire: lindsay (la fille qui dit "yaime le yambon") est-elle la moitié d'un faux couple sur "l'île de la tentation"? je n'ose pas acheter "voici" pour en avoir le coeur net (dans une maison où le "courrier international" est l'objet de conversations spirituelles, ça ne se fait pas).
http://www.myspace.com/stars (parce que je n'écoute pas que le son des binious dans ma cambrousse)
photo: stars, donc.
Publié par piapias à 18:52:10 dans inspiration | Commentaires (25) | Permaliens
non, yé né pas chinché, yé souis touchour... cet enfant de 10 ans hystérique à quelques encâblures des grandes vacances. il n'y a pas grand-chose que j'aime davantage que mettre les voiles. avec mon homme, pour l'autre bout du monde (vous savez que j'ai ce truc addictif avec la marche, les grands espaces sauvages, les bêtes, l'autochtone âpre) ou pour mon petit pays toujours plein de chouettes surprises (par exemple choper un baloche de 14 juillet du côté du lot, enfiler une robe qui tourne et mettre le feu aux pompiers). j'aime bien les petites places, les cloches des églises, les croissants du matin en regardant passer les petites villes, les yeux de mon homme quand il se met à pister un vigneron, le monde en terrasse, le pastis de 18h30, les sardines grillées, le libraire militant du fin fond de la creuse, le concert impromptu, les maisons de mes copains (forcément là-bas on se fait pas chier à tenir dans un T3. on a de la tomate bio au fond du jardin et les enfants ne grandissent pas sur un trottoir comme des racaillets). tous ces trucs qu'on pourrait mettre dans une pub ricoré ou alors une rue gamma, tous ces clichés de la douce france, toute cette vie moins stressée que la mienne, toutes ces petites vignettes qui me font un album de vacances heureuses.
ce que j'aime en plus "là-haut", c'est l'espèce de rudesse qu'ont les gens, les hommes surtout, la façon dont ils se tiennent au comptoir (on a un peu ça dans le sang, nous autres, la gnôle et "la piste", comme on dit là-bas), la façon dont on regarde le ciel parce que toujours, toujours il va nous tomber sur la tête, dru et gris comme de l'ardoise rincée, le parfum des gênets, retomber sous l'emprise de cette drogue qu'on appelle le traou mad, les huîtres assis sur le port de cancale, la musique partout, partout, les "voileux" (les hommes les plus hot du monde sont à douarnenez du 17 au 20 juillet, sachez-le) danser sur le pont d'une jonque chinoise ou d'un vieux grément, traîner des plombes au hangar à bananes sur l'île de nantes ou au life de saint-nazaire.
ben oui c'est d'l'amour. il faut s'être tapé 22 hivers là-haut pour savoir apprécier les étés bretons :).
côté mode, je fais comme toutes les bêcheuses d'immigrantes: je frime avec mes shorts et mes chaussures compliquées du matin jusqu'au soir, et je fais semblant d'aimer l'OM si on repère ma plaque 13.
l'année a été tellement... compliquée !!! hurlons-le, tiens, ça fait du bien. celle qui vient sera tellement... rock'n'roll (je pense à des couches et à des bibs à 4 du mat, je pense à ce que nous appelerons pudiquement "pratiquer un métier en voie d'extinction", je pense à toutes les questions qui te dégringolent dessus quand tu as 33 ans et que le monde ne semble pas hyper bien parti pour braquer du côté d'une quelconque forme de justice, de droiture, de quête de sens). bref, demain je me mets sur off. je vais enfin lire "la route". copier l'intégralité du disque dur de mon hans, cette bête de sons. regarder "l'île de la tentation" avec mes frères (poilade!). faire tata yoyo pour mes neveux. la sieste. du vélo. vivre à mon rythme.
on se recause ici ou là entre deux averses. joyeux farniente, les gens.
http://www.youtube.com/watch?v=GPZ5fnYFI4Q (que du très beau linge, que de la très belle converse: mais julian ne ferait-il pas mieux de se consacrer pleinement à l'écriture de ce fucking nouvel album?)
et sinon je ne peux pas copier la photo mais je les veux. que le monde le sache : http://www.topshop.com/webapp/wcs/stores/servlet/ProductDisplay?beginIndex=20&viewAllFlag=false&catalogId=19551&storeId=12556&categoryId=59927&parent_category_rn=42317&productId=728821&langId=-1
pola: stephanie schneider.
Publié par piapias à 12:29:43 dans inspiration | Commentaires (13) | Permaliens
comme je ne vais pas tarder à migrer vers le déchiqueté und battu par les vents et/ou le crachin et/ou les nappes de brume même à 10 du mat pays de mes ancêtres (avec les phrases complexes d'ava, travaille la vivacité de ton esprit mieux qu'avec une nintendo DS), il me fallait une manière de ciré. je dis "manière de" car je ne suis pas ravagée dans ma tête au point de m'acheter un vrai cotten (de toute façon les vrais sont à concarneau et ça dégriffe jamais rien de rien, les bretons sont des chiens de l'enfer de la radinerie, tout le monde saît ça). nan. je voulais juste un machin pour m'abriter de l'hypothétique temps merdique de ma région natale (c'est là que la foule en choeur: "quoi ?! ava n'est pas une vraie cagole du south?? on nous aurait menti??" oui. on vous a menti. bien entendu. pire que sur meetic. sinon à quoi bon se planquer derrière le ouaibe je vous prie?). j'ai chopé un truc, c'est comme un trench sauf que ça n'a pas la rigoureuse forme du manteau de strip-teaseuse du macadam. c'est plus court (tant que la malédiction de la cheville épaisse ne sera pas tombée sur nous, nous continuerons hardiment à déployer nos gambettes à la face du monde), et c'est aussi plus trapèze. une autre fois (= quand il ne fera pas 113° dans ma maison) je vous montrerai le bidule sur mon corps.
en fait je voulais même pas causer d'imper. je voulais aborder la question de la cape.
en juillet?? "c'est la fête nationale de ta folie furieuse, ava?" mais non. c'est juste que vous savez bien désormais que lorsque je suis dans un magasin en fin de saison, rien ne m'intéresse à part ce qui n'est pas soldé et qui donne envie d'être déjà à fin septembre. alors munie de mon faux trench hyper amical avec mon bidon en free style, je suis tombée sur la merveille.
bon, ok, elle était en LAINE.
grise, douce, avec une sorte de col magnifique sur lequel si tu es une fille tu peux laisser retomber tes merveilleux cheveux blonds abominables crins de poney malade et glapir ta joie. la vendeuse applaudissait en sautillant sur place. j'ai aussi sautillé pour faire une manière de choré à deux au fond des gal' fa. c'était drôle. après j'étais en nage comme si je venais d'accoucher (= la laine, l'ami, la laine) bien entendu. la cape, comment dire? c'est fait pour les filles qui comme moi ne pourront plus fermer un blousonnet de cuir ou une veste ajustée à la rentrée. la cape c'est un coup à me réconcilier avec les pulls. c'est le genre de vêtement dont les garçons ne peuvent pas comprendre l'absolue élégance, le trouble désuet, le drapé délicat. c'est une tuerie, donc.
j'ai hésité jusqu'à en avoir des contractions MENTALES. j'ai dit que le 12 août, à peine je me repointe du côté du vieux port, cette cape sera mine. la vendeuse l'a rangée avec un air désolé. j'ai crié: "je promets ! je reviendrai!"
entre cette cape et moi, gens ricannants, ça ne sera pas le genre d'histoire d'amour qui finira les yeux dans l'eau, mon rêve est bien trop beAu).
http://www.myspace.com/pascalepicard (pour rester dans une touche hivernale tout à fait décalée, que dirions-nous du québec, les enfants?)
photo: phi
ps: la petite info qui fait encore plus chaud au coeur qu'une cape. ma copine caro, qui est un peu la paire de jambes qui a inspiré le coup du compas qui parcourt la terre, était l'autre soir en aquitaine. à faire la bamboche avec denis barthe. alors gens comme moi concernés par la question, j'ai l'honneur de vous annoncer que noir désir a un album prêt. ouii! musicalement, s'entend. because l'ami bertrand n'arrive pas à écrire. mais mince ! est-ce que c'est pas de la nouvelle qui donne envie d'allumer un cierge quelque part?
Publié par piapias à 18:44:21 dans inspiration | Commentaires (8) | Permaliens
j'ai un petit peu menti l'autre fois.
pourquoi? bah. sans doute parce que je suis une hyène. quoi d'autre?
donc finalement j'ai fait les soldes: chez véronique delachaux, une marque inconnue de toutes les filles qui peuvent rentrer le ventre mais finalement toute trendy (dont j'avais d'ailleurs déjà causé ici, because ma jolie mildo était encore une fois enceinte jusqu'aux sourcils), j'ai shoppé des jeans qui ne donnent pas envie à mon corps de crier "no pasaran" ET (ce "et" vaut son pesant de curly) dans lesquels mes fesses ne donnent pas l'impression d'avoir été disons comme gonflées à l'hélium. j'applaudis à chaudes mains. mon mari applaudit. mon banquier ne tire même pas la gueule vu que c'est de l'investissement sur des mois donc il applaudit aussi un peu, dans sa chemisette saumon. le spectre du pantacourt beige sans poches arrières s'éloigne (si je n'ai pas dit tout le mal que je pense du pantacourt de femme enceinte, c'est par pure bonté d'âme pour celles qui n'ont pas de véro delachaux près de chez elles).
"quand on est enceinte, on s'en fout de la mode, on veut du confort" est ainsi une phrase que vous ne lirez sans doute plus jamais chez moi. se mettre à ce point sur la touche du style, je dis non. et pourquoi pas sortir carrément en grenouillère tant qu'on y est? je ne sais pas vous, mais moi on me prend tout le temps en photo en ce moment: ais-je envie de me recroiser dans dix ans, obèse et sapée comme au rayon truie en forme de chez décathlon? pff, allez, un peu de tenue, jeunes femmes. ainsi, après moults essayages, je peux dire que l'option large sur large (je parle, petit a, d'une robe de forme baby doll, petit b, d'un ventre dans son 4e mois) est mouof. une robe un peu moulante est finalement plus flatteuse au genre d'anatomie fofolle qui nous préoccupe. exemple? cette petite bricole d'été. investissement minimal. rayures chères à mon coeur de fille rock. et puis une pose à la con: voilà, vous obtenez bibi version juillet 08.
http://www.myspace.com/trickola (il revient et on est content parce que quoi de plus moite?)
Publié par piapias à 18:22:53 dans inspiration | Commentaires (11) | Permaliens