on est comme ça partis en vadrouille avec amourdemalife dans la voiture modeste de fabrication coréenne. un chien loutre se fait les griffes à l'arrière, tandis que dans son siège auto, un enfant ronchon tente de bouffer son pull home made (enfin pas dans ma home, vous êtes gentils, moi je sais même pas faire un ourlet) & que résonne le dernier ac/dc dans l'autoradio prix cassé (récession, je crie ton nom):
amourdemalife (au volant, car c'est dimanche et c'est la testostérone qui conduit, à marseille, le dimanche) : "promets-le moi, putain, promets-le moi."
ava (amusée, mais paniquée par la manoeuvre d'un connard sur la droite, car ava est la pire passagère du monde): "atttttttttttention bordel !!! comment veux-tu que je promette alors qu'on a failli décéder de la tole?!"
amourdemalife (braquant nerveusement, puis soupirant: il a quasiment appris à conduire à ava, la quiche aux cinq auto-écoles éreintées): "putain mais c'est ça où je dis à tout le monde que tu as dit "j'adore mon enfant surtout quand il dort, pas toi???"
ava (amusée mais mortifiée): "alors ça c'est dégueulasse. mais braaaaaqque, p'tain!!!"
amourdemalife: "tu le jures où tu te démerdes avec le rot toutes les nuits." (bon alors le "rot", c'est vraiment une saloperie du nourrisson chouineur qui peut te tenir éveillé une demie nuit, je le dis à tous ceux qui soupèsent les avantages comparés d'une gestation naturelle et de l'adoption d'un enfant en bas âge -disons 6 ans)
ava (blême): "bon, d'accord. mais t'es vraiment prêt à tout, hein? avec toi, guantanamo fermerait jamais, c'est ça??"
amourdemalife (regard noir foncé): "sur la life?"
ava: "non, je ne mettrais pas de jean neige sous prétexte qu'il est reviendu sous un autre nom (bleach)."
joey jeremiah, pardonne moi.
Publié par piapias à 19:23:13 dans inspiration | Commentaires (24) | Permaliens
je suis une fille cap' de chialer devant une pub herta. avec le petit moulin à la con. alors t'imagines bien, ma vieille martine, ce que me fout aux poils des bras ce film de propagande-là: je vis dans un pays où quand un président incarne la rupture, on a enrico & mireille qui font poï poï sous les étoiles et à aucun moment beyoncé ou scarlett ou jay-z ne se pointent pour faire coucou.
des fois on est tellement ringards & ternes & vieux & rances & pire encore dans notre bien joli pays de carte postale que ça fait pitié.
allez, chialons un bon coup: c'est ma tournée.
Publié par piapias à 11:54:25 dans inspiration | Commentaires (16) | Permaliens
une robe british (reko pour topshop) puérile, so cute, piquante et carrément pas hivernale car il y a une règle: après la deuxième démarque, on se remet à rêver aux cerisiers en fleurs & à la collec suivante (ce qui coïncide généralement avec nos promesses d'en finir, pour deux trimestres au moins, avec l'ingestion massive de crème de marron glacée picard, cette drogue encore en vente libre, que fait le mari de carla, des fois?). avec, on verrait bien des collants rouges. on verrait bien un béret peut-être, un lipstick cerise. un petit manteau de parisienne, un air mutin. avec on verrait bien my girlfriend is better than yours, des adorables parisiens pour danser l'hiver qui s'en va (un peu, un temps) de chez moi.
http://www.myspace.com/mygirlfriendisbetterthanyours
c'est dimanche, on s'est levés tôt, mais c'est toujours tôt maintenant quand on se lève (je précise que "11h43" est l'heure à laquelle je peux cliqueter du clavier en pyjama, pas l'heure où je remue mes cheveux sur l'oreiller en demandant à amourdemavie s'il peut aller acheter des croissants, attendu que: les croissants, c'est marre pour un temps ; amourdemalife est en train d'interviewer je ne sais quel baron local du boniment politique, eh oui, même le dimanche, qu'est-ce que vous croyez, tout le monde de la presse n'est pas en train de brandir des caméras à gaza, dans tous les films il faut des rôles secondaires, voire des "figurants nuques", dans le flou, loin, très loin derrière les héros burinés en gilet multipoches)
Publié par piapias à 11:44:39 dans inspiration | Commentaires (11) | Permaliens
hi, jeunes gens fatigués et toi aussi martine, qui aura encore dansé sur les tables et raconté à des inconnus que tu les aimes 'maisachementuvoichtejuuure (tu nous fais honte à tous, tu le sais, dear?). nous voici dedans une année où aucun jeu de mots à base du mot "neuf" ne nous sera probablement épargné, autant le savoir. une année où il y a des chances pour que vous n'obteniez pas l'augmentation (soyons récession, bordel) que vous réclamez depuis dix ans, une année où il y a des chances pour que l'au théâtre ce soir moldave que nous prépare la télévision publique réformée de notre grande nation (la fRRRance, monsieur!) vous donne envie de retourner téléchargerpluzoumoinslégalement sur le ouaibe, une année où il y a des chances pour qu'on se prenne un peu le chou pour apprivoiser les couleurs du printemps (ce beige poudré façon combinette à mémé, les filles, il va falloir apprendre à le gérer dans la lumière crue et, plus délicat encore, le faire aimer aux hommes qui partagent nos vies et nos dressings), une année où il y a des chances pour que cent fois la phrase "il faut que je plaque ce job chronophage (et/ou de merde)" revienne dans la conversation (et quand je dis cent !.... c'est pour ne pas dire 12 567), une année où il y a des chances pour que l'overdose des années 80, le retour, vraiment, vraiment, il y a des chances pour l'amour ardent, il y a des chances pour que l'énième achat de chaussures fabuleuses MAIS importables, il y a des chances aussi un peu pour que little joy, en passant.
Publié par piapias à 11:59:27 dans inspiration | Commentaires (23) | Permaliens
c'est ma copine miss marseye qui me demandait toutal' "dis, ava, toi qui dépenses tout ton argent sous forme d'habits et que du coup c'est tes copains qui sont obligés de t'équiper en puériculture de base, si je devais écrire un papier sur la mode de marseille, tu dirais que le marseillais de base, il s'habille comment?"
alors j'aurais pu dire: ma petite biche, justement PAS comme ce barbu, là, juste au-dessus.
on a cherché. causé gel vivelle dop, causé petites sacoches vuitton, on a causé sans contrefaçon je suis un garçon de la rue camille-pelletan (un peu notre made in china à nous autres), causé de leur goût étrange, l'été, pour le short de plage fleuri de marque vilbrequin porté torsepoil avec la serviette de plage autour du cou, causé des filles de chez moi qui mettent des fois des micro-shorts en jean mais avec des leggings dessous, des fois même des leggings mi-mollet,causé du fait que la morphologie n'entrait que rarement en ligne de compte au moment de s'habiller, que par exemple des fesses larges comme la porte d'aix, ça allait souvent avec des bermudas moulants VOIRE scintillants, causé des mèches blondes, causé des pulls rayés roses (je crois) pour hommes malingres, causé des jeans kaporal, causé de ce qui ferait éventuellement qu'une rue de chez nous ne ressemblerait pas à une rue de chez vous. on s'est dit aussi que le look marseillais, ça s'était barré en toupie finalement. que même les cagoles, désormais, mettaient des robes chasubles et des fausses bottes basses grises comptoir des cotonniers, qu'on ne leur voyait plus forcément le string dentelle rose, que dans la rue st-fé c'était l'attaque des clones, et que ces clones s'étaient mis en sourdine. on s'est dit comme ça que les frontières s'étaient estompées. un peu. que bien sûr, y avait encore des mecs en jogging, avec le bas de survêt' rentré dans les chaussettes de sport, et même que ça faisait rire. mais que moins qu'avant. on s'est dit que cette drôle de ville du sud, cette ville d'en bas, pleine de complexes, cette ville fanfaronne qui s'invente des dieux improbables comme des supporters qui pleurent dans un tribunal madrilène, cette ville avec son humour, ses mensonges, ses signes extérieurs de richesse et sa misère crasse, était en train de rentrer dans le rang de la fashion.
que c'était peut-être ça, marseille, aujourd'hui: une envie de la jeunesse d'en être, de se ravaler, une envie forcenée de cette ville mal foutue de cesser d'être moquée, rabaissée, calomniée pour son manque de chic, de culture, d'élégance, de cohérence, une envie rageuse de ressembler à des parisiens ou au moins à des lyonnais ou au moins à des aixois (mais ça c'est impossible), qui pousse à ne pas prendre de risques, à copier les postures, les allures, de vous autres les gens d'en haut, du nord, de loin, vous les gens qui savez la mode, une envie qui interdit de quitter les chemins bien balisés, à s'inventer soi. quitte à se perdre. quitte à faire des rues pleines de gilets en peau de lapin, jeans flare bruts, chemises à carreaux, low boots, manteaux d'officier. des oripeaux validés par vous. mais avec dessous, ce qui reste, ce qu'il y a encore et qui s'accroche comme une vieille tique familière: toujours ce sentiment d'insularité que l'on ressent dans cette drôle de ville qui ne ressemble à rien d'autre et qui parle plus fort que tout le monde.
ce barbu, ce qu'il dit, en ne disant rien devant le sartorialist, là, c'est l'aisance, la culture, le bon goût, la différenciation chic de son monde, son raffinement. c'est beau. on a envie de lui demander comment ça marche, une barbe si bien taillée. on a envie de lui demander d'où ça vient, l'idée des lunettes rétro glissées dans le col de chemise au rouge parfait, la montre vintage 80, le petit chapeau, la pochette blanche. cette paix de soi. à paris, à NYC, on penserait juste "un jeune homme chic"; chez nous, où l'on a si peur de se singulariser, de dire des choses intimes de soi avec des vêtements et le coup de ciseau d'un barbier, parce qu'il faudrait d'abord digérer des siècles de complexes, il y aurait peut-être du coup des garçons celio sport pour lui jeter des pierres.
bon courage pour ton papier, quoi ;).
http://www.myspace.com/balticfleet (ouh la comme c'est bien !!!)
photo: sartorialist
Publié par piapias à 20:20:44 dans inspiration | Commentaires (13) | Permaliens