• l'autre jour j'ai découvert qu'il y avait des tutoriaux maquillage sur le ouaibe ouorld.

    bien sûr tu ricannes: ça existe depuis 1927.

    enfin on ne peut pas s'intéresser à tout, hein.

    enfin une vraie blogueuse je suppose que si.

    mais c'est aussi que moi je cherche du tuto' davantage gros oeuvre, tu vois: et je ne parle pas d'un fond de teint couvrance extrême rapport à mes 36 ans + un jour. je te parle de trouver du maçon, du plombier, de l'électricien, de leur donner des devoirs à faire et de PARVENIR à ce qu'ils les fassent. je te parle d'être crédible face à un gars du BTP. jamais à court d'une idée saugrenue susceptible de foutre mon couple, mes finances et mon équilibre mental en l'air, je me suis mise en tête de récupérer les combles de mon immeuble et de me faire un fucking duplex que si tu viens chez moi prendre l'apéro, dans un futur plus ou moins lointain, je pourrais te dire du sommet de mon truc post-industriel-bauhaus "monte, baby, on a sorti les mojitos".

    donc laisse-moi te dire que me revoilà partie à la découverte d'une toute nouvelle jungle, les blogs de TRAVAUX. ben ma cocotte. j'étais déjà hystérique sur la déco, mais là si tu me parles d'abattre des murs ! de créer des baies de pignon ! si tu me parles avec des chiffres et des cotes ! d'isolation acoustique ! OK, tu vas me mettre en transe.

    ce n'est pas comme si je n'avais pas vu l'ensemble de mes copains prendre dix ans en ulcères, cheveux blancs et hypertension sur leurs chantiers perso. ce n'est pas comme si je n'étais pas spécialement bien placée, à mon burlingue, pour savoir à quel point une couille chantière peut vous bousiller la vie.

    2011 sera une année tout à fait normale en direct du champ illimité de mes névroses, je crois que nous pouvons dès immédiatement nous en féliciter.


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  • hier soir, je regardais la neige tomber sur les coeurs de dussolier et azema, et aussi derrière ma fenêtre, les premiers flocons marseillais de l'année. je peux te dire que ça donnait plutôt, ce coup de la neige en stéréo, envie de reprendre un plaid et un petit grog.

    en même temps aujourd'hui, la neige est une gadoue, j'ai reportagé pendant trois heures sur des pieds transformés en blocs de glace (je peux te dire qu'à un moment, surtout si comme là le sujet recquiert un master de science physique, ton esprit quitte la pièce sans chauffage) et l'hiver, ça va bien, je propose.

    tiens, chez les brittons je repère sans doute l'achat le plus débilo-anachronique de ce début 2011: les espadrilles compensées parfaites. on les voit bien avec un flary, une petite blouse col lavallière, une capeline, des lunettes immenses chinées. un look qu'on a usé jusqu'à la corde, y a six-sept ans. mais qu'on voit redebouler avec sympathie: comme le printemps, tu vois.

    nan forcément aujourd'hui c'est pas le bon jour pour voir ce genre de truc.

    http://www.myspace.com/annacalvi


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  • sans te raconter ma vie dans tous ses moindres petits recoins sombres (vu que je ne vois plus mon psy, on n'y fait plus guère le ménage: en même temps, c'était psy ou sport, j'ai arrêté les neurones mais j'ai oublié de reprendre les muscles pour finir), je peux tout de même te dire que fabriquer un enfant n'a pas été une simple partie de fun à deux partenaires consentants. non, tu vois, nous on a préféré faire une sorte de partouze avec le corps médical (plusieurs corps en l'occurence) ainsi qu'un certain nombre d'accessoires (pipettes, ce genre), le tout étalé sur un certain nombre d'années. plus on est de fous, hein et puis les plaisanteries les plus longues sont, ah euh, oui, les pires.

    ahem.

    évidemment quand la science ainsi que les pipettes ont fini par toucher le jackpot, on a été un petit peu les nababs de la life, nous autres. d'autant que pour une fille qui aura besoin d'un lisseur toute sa vie, la môme finale est du genre pas trop mochasse-stupide-nain-geignard-cindy du cervelet (enfin aujourd'hui, si, en fait, la vache, et je ferme cette parenthèse avant d'écrire un truc impardonnable).

    ce que je n'avais pas pigé, c'est qu'après ce joyeux marathon médical, on n'en aurait pas pour autant fini avec les bons gros dossiers qui vont bien, la recherche de piston pour faire remonter le-dit dossier sur le dessus de la pile façon building, l'épuisement administratif (je te suggère, pour t'amuser, de tenter de convaincre la sécu que tu ne veux pas cette putain de stimulation ovarienne just for pleasure, mais because tu en as réellement besoin: mais purée de lol, quoi).

    paris et roubaix je sais pas, mais marseille pour le petit enfant c'est: tu es enceinte depuis cinq minutes (= pour certaines, tu as encore les pieds dans les étriers, une personne que tu ne connais pas est entre tes jambes with a pipette et te parle de météo -et en même temps la secrétaire du journal appelle pour demander si tu vas à l'inauguration de mes couilles tantôt: ça ne s'invente pas), tu fonces déposer ta demande de place en crèche sinon, bon, eh bien, n'y va pas, hein, parce que des gens vont rire de toi et de ta naïveté confinant, disons-le, à la plus totale connerie. c'est soit les 5 mn soit jamais. soit on te rappelle quand ton enfant entre en master (mais pour une demi journée par semaine, hein). donc de place en crèche, t'en as pas l'ombre de la queue d'une.

    tu te mets ensuite en quête d'une nounou. car tu es une femme barbare gould, tu es une femme qui rebondit, qui va et qui vole d'obstacle en adversité et qui toujours triomphe. oué. tu voyais déjà les ateliers pâte à sel, les séances de lecture de trois heures, l'éveil musical, l'apprentissage de la propreté à 1 an, les balades au parc. l'absence totale de télé dans un rayon de 80 m². et de clope. et d'odeur de friture 5 jours sur 5 (le nugget de poulet comme aliment de base, pour toi, c'était el diablo: je te rappelle qu'à la maison on a un homme qui AIME cuisiner). finalement les nounous ont vu tes horaires ("ah ah ah"), t'ont montré la porte ("en vous remerciant) et tu as pris la première fumeuse en surpoids bouffeuse de nuggets et de télé-réalité ("on dit beaucoup de mal de secret story") qui s'est présentée. mimi, quoi. mais presque tu lui aurais baisé les pieds, à mimi. pardon, les crocs. en même temps elle est sympa. même si tu sais jamais quoi lui dire à part: "et sinon la bonne journée que voilà?".

     "bon, mais au moins, la maternelle, on prendra ce qu'il y a de mieux", qu'on s'était dit le padre et moi (en serrant contre notre coeur notre enfant à odeur de poulet frit). eh bé ma bonne simone, je vais t'éblouir: apparemment, on n'aura pas ça non plus. because les pipettes qui te font naître un enfant en décembre, tu peux les remercier du vice caché, de l'amour comme un boomerang, te revient des jours passés: je découvre ce fucking lundi qu'il faut un PISTON pour inscrire un enfant dans une banale école publique pas trop dégueu du quartier et PLUSIEURS pistons, plus s'y prendre en novembre (tu as bien compté: on est en janvier) plus faire un dossier de motiv', décrocher un entretien et PAYER pour inscrire la morveuse dans le privé (dans une autre vie, je disais des trucs atroces sur les écoles privées, mais comme je te le dis: c'était une autre vie).

    en même temps toutal', tess a balancé ses bottines zara à la gueule de la directrice de l'école-privée-où-c'est-qu'on-se-voyait-déjà donc je pense que c'est mort de ce côté. nous on aura la zep et dans deux ans je vous cause de R'n'B et de sacoches vuitton et de soprano et de kenza farah (marseille trop puissant).

    je sais pas, mais c'était moins chiant pour nos mums, nan? on allait à l'école du village, y avait des bons et des mauvais élèves, des riches et des pauvres et à la fin tout le monde savait lire en CM2. je pouvais être pote avec le fils du pharmacien et celui du marin pêcheur. moi la fille de paysan. et c'était de la boulette, l'école, on avait pas décroché sa place grâce au maire, au curé (je te le jure: moi la pas baptisée, je suis à deux fingers de faire intervenir l'archevêque dans mes histoires de maternelle: une autre vie, je te dis), on mangeait pas de la sodexo à midi, les dames de cantine s'appelaient chantal ou madame le bourhis, quand y avait des forains (on disait pas roms à l'époque) qui plantaient la caravane dans le terrain à côté de l'école, on les accueillait avec la joie et on savait même pas ce que ça voulait dire, politiquement correct.

    je trouve un petit peu que ça fait iech à la fin ce pays qui de toutes ses forces essaie de saloper ce qui faisait que c'était bien d'y vivre et d'y grandir.

    ça se passe comment chez vous autres, les gens? c'est marseille ou c'est juste la vraie vie, et je viens de tomber de mon nuage de bisounours?


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    Bon, ok, on va dire que ça commence mal niveau assiduité générale et postage quotidien de trucs. Mais que veux-tu que je te dise (bonne année d'accord, mais en même temps halte à la tyrannie des voeux comme dirait frédéric pommier)? J'ai profité du fait que, pour l'une des first time in my life (oué, car y a les moines zen et puis y a bibi, la machine à noeuds de neurones), j'étais juste totalement heureuse comme un goret dans sa fange de bonheur écoeurant, avec ma petite meute, avec mon petit job, avec les belles rencontres -en décembre on va dire que les gens s'étaient un peu donné le mot pour me faire crier dans la smart de 2002 (j'ai quasi une bagnole vintage, la preuve c'est que tout le monde a beau me dire: « putain mais t'as encore la voiture à oui-oui?? » je peux pas m'en séparer, non non non, c'est pas que j'irais pas au baron, c'est que j'achèterai pas une cinq portes) « eh mais merci la vie, quoi! » En même temps dans genre peu de jours je vais avoir 36 ans et si tu n'as pas envie de crier « eh mais putain les boules, quoi! » à cette perspective, c'est que tu es ma lectrice de quarantouitans (j'ai des amis belges). 36 ans, je sais pas. Whaaa. Eh bé. A ce niveau de fin d'adolescence, je sais pas si ça signifie encore quelque chose. En même temps comment te dire? J'ai pris deux résolutions pour 2011, la première étant d'acheter un démêlant à neurones, la deuze étant d'aller plus souvent faire des boums (danser comme une perdue, excuse moi mais qui dit mieux contre le belouze?). Pour le reste, on s'arrangera. On s'est toujours arrangé.

    Ah et puis oui: en 2011 on a décidé aussi qu'on oserait. Aller contre les noeuds de tronche, les vieux complexes, les « oh mais mon dieu et si j'échouais comme une lamentable merde?? », les « oh mon dieu et si je réussissais et que j'y perdais mon âme pure? » et, généralement, tous les cons. On fera comme les pépés, on se laissera plus emmerder par rien. Et on sera doux avec les siens.

    ps: la toile est de fred calmets, qui est un petit gars de poitiers découvert ces dernières semaines. qu'est-ce que je peux te dire? si tu passes par chez moi, va pioncer chez jessica au vieux panier, tu pourras la regarder en t'endormant...

    http://www.auvieuxpanier.com/

    http://www.myspace.com/familyoftheyear et sinon, écoutons des gens joyeux pour démarrer l'année si tu veux bien. merci hans et toutes ces choses.


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  • en 2010, on a aimé les rousses.

    les rousses vintage, fatales, avec des ongles ovales (et rouges), des robes en jersey, des souliers bien cirés, des chevelures crantées, un sex appeal qui plaide coupable dans le réchauffement climatique de ta planète, un sex appeal et en même temps une réserve, une distance, une retenue peut-être encore plus affolante que leurs courbes façon viens faire un tour sur le grand 8 (alors que certaines d'entre nous ne sont même pas dignes d'un petit 5, tu vois).

    on a aimé christina hendricks, bien sûr, comme un peu tout le monde et même si le mad men's effect commence un petit peu à nous saoûler (par pur snobisme: il y a un léger agacement à avoir les mêmes goûts que michel, ton voisin du dessous, ainsi que ta collègue de boulot à bootcut cache-cache, et peut-être bien jennifer, la vendeuse "tout ce qui brille est sur moi" de la rue paradis: on aimerait se dire qu'on est différents, alors que finalement, pas du tout, voilà une bonne petite leçon de vie pour finir l'année). on aimait bien le temps où personne ne connaissait les séries qu'on regardait, parfois dans un sous-titrage folklorique servi par la trolol crew (genre). oui on est comme ça, nous autres. en même temps ce n'est pas un motif de fierté: quelques uns des gens les plus cons du monde partagent avec nous ce trait de caractère.

    les rousses, donc.

    on a aimé aussi, mais vraiment beaucoup et peut-être davantage encore que christina, audrey fleurot. tu m'excuses mais en fait je suis à deux doigts (vas-y lâche toi sur les jeux de mots foireux) de lui déclarer ma flamme et ma servilité. il y a des femmes, je sais pas, elles ont le chic pour te faire douter de tes préférences sexuelles. des fois ces femmes sont joanna preiss, le genre souple panthère de 45 kg, et des fois audrey, donc, une femme qui n'a pas mis un 36 depuis son adolescence et en même temps qui nous donnerait envie de mettre du 40. audrey c'est tout simplement notre plus beau produit roux hexagonal. on la vénérait déjà en joséphine vénale dans "engrenages" (un jour il faudra dire tout le bien que l'on pense des séries maison de canal +), mais alors dans "un village français" (il faudra un jour dire tout le bien que l'on pense d'une série de france 3 qui n'est pas PBLV: mes dimanches soirs se sont mis à ressembler à ceux d'il y a dix ans, quand on téléchargeait queud' et qu'il fallait attendre une semaine pour retrouver jack bauer accroché par les dents à une bombe thermonucléaire), comment dire? c'est le grand incendie. on comprend assez bien que heinrich (son nazi) risque minsk en hiver pour lui enlever ses tailleurs 40's.

    en 2010 on a aimé les rousses et les femmes en formes de femmes. pas en formes de garçonnet de cm2.

    la fascination pour la micro-fesse, le jean en taille 32, le "ciel j'ai encore pris deux grammes", le bronzage en février, le 36 de the kooples comme un graal, alors que tu ne rentres pas même un demi-bras dedans (quant à une hanche... autant reprendre du pannetone), la tyrannie de l'adolescence éternelle, le porno chic à la roitfeld, tu en as un petit peu ta claque. même si la féminité de christina et audrey est encore plus inatteignable que celle de joanna preiss (on peut arrêter le pannetone, on peut se faire enlever des kilos de graisse fessière, on peut commencer la barre au sol, la coke et reprendre la clope), va savoir pourquoi, elle nous rassure.

    et ne me dis pas que c'est leur côté maternel: je crois que tu n'as jamais vu ma mère, chérie.

     

       


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