• "faudrait penser à bronzer un peu" est une phrase maudite & cousine de "oh la la tu rougis, tu rougiiiis, qu'est-ce que tu rougiiis!": à chaque fois que je l'entends, je me souviens brutalement:

    - que je n'ai aucun sens de la répartie

    -que posséder une peau d'anglaise réserve bien des moments de solitude sur cette terre.

    bien sûr, à marseille, quand elle croise des femmes d'environ 110 ans et qu'elle apprend qu'elles entrent en réalité juste dans la quarantaine, blanche neige ricanne. mais sinon blanche neige est une personne qui après deux années de vie tropicale qui avaient suffit à transformer ses amis en sénégalais, est rentrée au pays avec la même couleur qu'un thé dans lequel on aurait versé un petit peu trop de lait. blanche neige se fait souvent moquer, en d'autres termes.

    le truc avec le bronzage, ce n'est pas que blanchette en rêve comme de trouver des chaussures de fétichiste à talons marchables. c'est juste que c'est plus joli avec environ tout. l'été, un vieux short en jean démoli, un marcel, ça peut juste foutre le feu à la canebière pour peu que la peau dedans ce soit autre chose qu'un truc pour faire la balance des blancs. je connais 2000 robes légères qui se sentent tout à coup moins niaises avec une lichette de peau caramel dessous. et je ne parle pas seulement du coup de lift prodigieux que file aux fesses un peu trop alanguies un soupçon de bronzette.

    blanche neige est donc contente que quelqu'un se soit décidé à inventer l'autobronzant. ça lui a permis de montrer ses gambettes hors des draps de ses amoureux et de sa baignoire (très beau ton sur ton, soit dit en passant). le seul truc c'est la toujours regrettable imperfection du système: la marque qui te prend par traîtrise à L'ARRIERE de la cheville, le truc qui fond dès que le thermomètre grimpe à + 30° ou que tu sors de la mer (la conjugaison des deux n'est pas sans me rappeller certain voyage au costa rica très discutable d'un point de vue esthétique), le truc qui a viré à l'orange, le truc qui te déssèche la peau comme un gant de crin, le truc qui pue tellement que c'est comme si tu disais "attention, autobronzant frais" à tous les gens que tu croises, etc. les jours où je "me" réussis des pieds à la tête sont donc un petit peu comme des jours de grâce, des jours généralement où il pleut et où je suis obligée de rester en jean. eh oui, c'est ça la vie, qu'est-ce que vous croyez?

     je ne sais pas vous -si votre réponse est "aucune idée, je bronze tellement facilement que je ne sais pas de quoi tu parles pauvre fille", passez votre chemin, soyez mignonnes- mais j'ai l'impression qu'en ce domaine, le produit le plus cher n'est pas forcément le plus efficace, non? vous avez des chouchous, vous? parce que malgré toutes ces années de salopage de t-shirts blancs, je n'ai toujours pas trouvé mon produit miracle (il faut dire que mes copines ne m'aident pas, ces chiennes sont quasi-toutes comme du pain d'épice dès avril). sauverez-vous mon été de la blanchitude annoncée et mes mollets du syndrome "un tigre a déteint sur moi, pardon"? épargnerez-vous ces sous qu'en future mère je suis censée déposer sur un PEA pour les futures études et/ou la caution de jean-pierre ou cindy -futur mini-me- en m'évitant d'acheter systématiquement TOUTES les nouveautés 08 ?

    et ces salopards de vampire week-end passeront-ils en france cet été?

    http://www.myspace.com/hopewell 

    photo: lastnight party

     

     


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  • à l'heure où je vous parle, mon mari ne sait pas encore que le coiffeur, cet être honni, a encore forcé à mort sur le balayage et que donc je suis blonde. pas blonde comme d'habitude, naaaan. blonde. barbie is my folk. avec mes cheveux en baguette et cette frange que tu peux te mirer dedans, on dirait une claudette. ce n'est certainement pas la femme qui a inventé l'excellente expression CDM (comme dans Coupe De Merde, http://www.nuchenuche.com/) qui me contredira: le coiffeur n'est pas l'ami de la femme. mercredi au boulot j'en connais qui vont y aller joyeux sur le "oh blonde" (avec l'accent marseillais).

    bref bref.

    je me fais toujours redoutablement chier chez le coiffeur. sauf une fois parce que j'étais en pleine folie dans ma tête et donc on avait tous chanté du madonna dans le salon, les apprentis, les clientes, moi, tout le monde. dehors il pleuvait, mon brushing à 60 euros avait été ruiné illico m'enfin marade tout de même. tout à l'heure, pendant que je me transformais en danseuse du crazy ("ça fait pas trop perruque?" j'ai demandé en sortant à la fille à l'accueil. "mais naaaaaaaan, enfin" qu'elle m'a fait genre en roulant des yeux. le pourliche je peux te dire qu'il n'est jamais sorti de ma poche), une femme-lynx est entrée. alors sur la south coast, c'est une espèce vachement courante: quelque part entre 50 et 70 ans, la pommette slave hyper bombée, l'oeil en amande mais curieusement figé, la bouche, bon ben la bouche d'emmanuelle béart tout simplement et le plus souvent un bronzage de bahamas et des pompes de fétichiste. ces femmes-là me mettent toujours un peu mal à l'aise, je sais pas. je sens qu'on va pas tellement trouver de trucs à se dire j'imagine. la femme-lynx d'aujourd'hui, une sorte de mouna ayoub sur le retour, elle se faisait des petites moues dans le miroir, des moues style marylin, mais comme si marylin avait eu une soudaine paralysie des muscles faciaux. à un moment le coiffeur lui a demandé un truc (style : "sucrette?") et elle a dit "j'ai pas compris, j'ai un petit cerveau." moment de terreur sur le visage de mon coiffeur: "euh, mais vous vous en servez pas de toute façon?" elle, rayonnante, toute moue dehors: "nooon! pour quoi faire ??"

    je me suis étranglée dans mon gala. j'ai eu envie de rentrer à la maison écrire un roman dément sur la vie d'une femme-lynx pleine d'humour qui aurait juste dû faire semblant d'avoir que des avions dans sa tête depuis 70 ans, une femme lynx avec un mari vieux encore plus bronzé qu'elle et une super baraque meublée roche bobois et des moments de désespoir total avec ses salauds d'enfants. parce que peut-être la leçon de tout ça, c'est que la femme-lynx et moi on aurait plein de trucs à se dire? je veux dire, je suis quand même la fille châtain qui se faisait teindre en virginie effira à côté d'elle, quand même. peut-être que si mon mari était riche au point de m'offrir des lèvres pneumatiques, je serais moi aussi un peu du côté lynx de la femme?

    hein, qui saît ?

    ce que je peux vous dire d'autre, c'est qu'apparemment, ardisson a un goût de chiotte pour se meubler, ça faisait carrément mal aux yeux, la visite de son appart. sinon encore, céline dion en maillot de transformiste dans paris match, je dirais: dispensable.

    photo: lastnightparty

    http://www.myspace.com/portobrien (tu reprendras bien une petite dose de ce super folk rock? moi aussi dis donc! "I wope up today'", sur volume 56, please: j'ai peut-être pas la baraka de la blondeur, mais celle de la bonne petite découverte qui va bien, cette semaine, je dirais facile qu'elle est mine!)


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  • c'est jour du seigneur, donc on ne persifle pas. oui mais bon! attendez! dimanche c'est aussi le jour où le gentil monsieur du vieux port me donne mon "elle". et moi -où va se nicher la narquoiserie!-  je ne peux plus lire un "elle" sans trébucher à un moment dans le mauvais esprit le plus moche.  

    le truc c'est que je ne comprends pas la rubrique "t'as le look" (coco, t'as le look qui te colle à la peau: enfin bref, c'est à ce genre de souvenir qu'on voit que je ne suis pas un perdreau de l'année). le concept, si tu lis le texte au bout des jolies flèches jaunes c'est en gros de dire que nos amis les pipoles, ils auraient soutenu leur thèse de hype avec les honneurs du jury. on pourrait te les dépiauter comme une pièce de charolais chez sambuc (excellent boucher! si vous voulez de l'adresse marseillaise fashion, n'hésitez pas, ava est dans la place), tout serait toujours exquis, de bon goût, du ravissement pour l'oeil, un éblouissement de cool et d'élégance.

    or le petit souci qui te détruit le concept c'est évidemment la photo.

    car le pipole n'est jamais aussi mal foutu et sapé comme ta concierge albanaise en freestyle que sur les photos de "t'as le look". c'est une règle sans aucune exception. nous sommes toutes du plutonium à côté de ces pauvres pipolettes.

    prenez, là, kate bosworth. on est d'accord que nous ne sommes pas en train de causer du plus gros charisme d'hollywood, mais quand même. voilà de la très charmante personne. avec un goût de fille bien, fraîche et pas crâneuse. ben là, c'est terrible. ma pauvre kate, alone in france, elle a l'air de sortir de zonzon avec une couleur home made foirée, de la ballerine made in china qui lui fait le mollet de 3 cm, un gilet qui l'écrase comme une grosse couverture sncf et une robe qui va faire peur à tes vitres -une robe dont le seul salut irait à la limite se nicher dans un talon de 15 et une queue de cheval mutine.

    "avec ce look, elle va toucher le jackpot", écrit pourtant "elle".

    c't'une blague ou bien? le concept à l'intérieur du concept c'est "ton pipole, quand il va racheter son tetley à monop' il est comme toi, il attrape ce qu'il a sous la main pour sortir, et même si ce qu'il a sous la main c'est un gilet chloé à 12 000 dollars, il a l'air d'un pauvret" ? qu'on se dise "attends, mais maurice toutes ces actrices finalement, hein, c'est photoshop et compagnie"? je sais pas, je me triture le lobe. et si j'étais un pipole je prendrais les paris que le jour où je sors avec la frange qui frise, "elle" est cap' d'écrire que cette "excitante frisure va casser la baraque". alors que j'aurais juste envie de décéder du cheveu.

    http://www.myspace.com/miraclefortress (vera, tu vois que je dois penser à mount albert aujourd'hui)


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  • je suis comme martine, ménagère de moins de 34 ans qui a donc connu l'an 2000, époque où dans certains coins de notre vieille france, le petit noir était à 3 balles -je parle de francs: je me dis que je vais peut-être mettre des petites affiches dans le quartier pour retrouver mon pouvoir d'achat, un petit compagnon dont je suis sans nouvelles depuis eh bé ?!? sais même plus. je ne parle pas d'un pouvoir dément de l'achat, naaan, entendons-nous bien: dans mon djob, le truc c'est plutôt de dire "attends, mais nous le blé on s'en foOOoout ! mais nous c'est la gloire ! nous c'est la flamme" (je précise que je ne suis pas présidente d'un comité olympique sans roupettes, merci). tout le monde saît ça, la gloire, la flamme, c'est des machins qui riment avec fins de mois en wheeling à la rémi julienne.

    par exemple, là c'est décembre. froid, vent, froid, froid. j'ai remis des pulls et aussi DES CHAUSSETTES. le matin, je passe devant des vitrines d'agences de voyages (je ne sais même pas comment fonctionne une agence de voyage: rémi julienne voyage plutôt avec son sac sur le dos), je vois des images stupides du type bahamas et je me dis, "putain, entrons, faisons le plus gros chèque du monde et tirons-nous quelque part en maillot". je veux des trucs aussi cons que du sable, une mer à 30°, du rhum dans un verre. je veux du bonheur de masse, je veux croire aux sms qui me disent "eh ! vous venez de gagner un très gros chèque, appelez ce numéro surtaxé". l'après-midi je passe devant la redoutable vitrine de soul shop et je suis à deux doigts de braquer la vitrine by malene birger. je siffle mon pouvoir d'achat, mais ce petit con doit être en train de lever la patte contre l'agence de voyages... 

    j'ai des copains, des gars très chomsky sur le retour, ils me diraient comme ça que ce qui me rend pauvre, ce sont mes incessants désirs de consommer. que c'est l'affiche des bahamas, que c'est non seulement la robe divine et blanche de soul shop mais aussi les 12 ticheurtes de consolation des suédois qui m'abattent le pouvoir de l'achat. l'avoir plein les armoires et tout le toutim. j'ai des copains, ils font aussi le boulot "la gloire, la flamme", tout ça, et ils sont pas du tout rémi julienne: la preuve, ils s'achètent des F4, des bagnoles plus grosses qu'une smart, ils sont tout le temps en train de partir en ouiquaine, ils ne savent pas ce que "solde négatif" signifie. quel est votre secret, amis pas sans cesse sollicités? j'ai aussi plein, plein de copains qui me prennent pour une abominable paris hilton de canebière parce que les 12 ticheurtes des suédois. des copains qui ont genre 30 ans, des fois des minots, et zéro perspective de flamber aux bahamas dans cette vie. ce que je ne comprends pas, c'est comment on se retrouve à consommer plutôt d'une façon ou d'une autre.

    y a des jours où je bave sur les bahamas, mais y a aussi des jours où je me dis "eh ava, tu ne vois donc pas que tout ça est chimère, poudre dans tes beaux yeux, qu'on t'invente mille choses à convoiter, tellement qu'à la fin tu ne sais plus, toi, ce que tu désires vraiment et qu'à la fin peut-être tu passes juste à côté de ton bonheur sans le regarder?"

    ouais, mes neurones, j'en fais du tricot et je suis ce soir aussi blogomode & glam qu'un labrador. ça ira mieux quand marseille ne me foutra plus le moral à moins mille avec sa saloperie de météo des pôles.

    http://www.myspace.com/theyoungpunx (avec du remiiix qui shake le booty)

    photo: the cobrasnake.


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  • aaah, ces soirées NS. je dis NS et des gens voient un homme petit, plus petit que sa femme, avec un meilleur ami même pas bankable pour faire du jogging (enfin, en froid avec, là), un autre ami roux et fou (roufou est un mot possiblement à mettre sur le marché), une amie à gros sourcils très noirs très raide. les gens vont n'importe où dans leur tête, non? NS, L'AUTRE NS. je conseille à la terre de vivre les blagues de sinclair & la pertinence très "expressionnisme allemand" de lio (lisez le blog de kevin moulback et puis c'est tout) sous l'emprise d'un état alcoolique. la définition de la soirée était d'ailleurs : "c'est vraiment l'injustice née que boire puisse se transformer en maladie du foie", quand on voit à quel point une rochefort à 9,2° (oui, la belge attitude est toujours in me) peut vous détendre une femme, vous la faire douce, pas stressée, même pas cap' d'aligner un concept psycho-socio-mords-moi-donc-le-noeud-après-toi-je-n'en-ferais-rien.

    là c'est jeudi, j'ai décidé que je ne travaillais pas. j'ai décidé que mon prochain jour d'intense adrénaline serait dimanche: avec moi aux urnes, à l'isoloir, ma formidable empathie, ma petite ceinture rouge à sonder. il n'y a aucune image capable de dire à quel point la poloche m'excite (un peu comme un arrivage conséquent de robes à fleurs pas cruches chez les suédois, mais un peu autrement aussi). quelle fille old school sur ce coup. mais tu ne peux pas avoir passé tes années collège à chier des plans de sauvetage sur la comète de la gauche (à l'époque on disait le PS, mais pas comme un oubli au bas d'une lettre) et à placarder des affiches avec le nez busqué de le pensec sur les murs de Ta Petite Ville sans avoir comme ton vieux coeur qui bat, là, dans Ta Grande Ville Avec L'Assent.

    les dimanches de scrutin, c'est des pizzas tard, tes copains qui explosent ton forfait, les vieux photographes que tu aimes et qui ont vu passer les siècles au-dessus des urnes, les frissons, les déceptions, les envolées, le mauvais champ', tes copains avec leurs papiers à gratter un peu bourré, à l'arrache, à trois minutes du bouclage, ce grand cirque, pour rien, dans ton coin, ce grand rien qui devient tout d'un coup absolument tout.

    ma fashion week à moi. sans margiela, sans prada, sans rodarte.

    toi avec tes converse, eux avec leurs truc trois pièces. et puis quoi, au milieu? tu n'es pas encore assez vieille pour le dire. tu ne sais pas, tu dis des fois la haine et des fois la vengeance et des fois quelque chose de plus tendre et quelque fois encore quelque chose de beaucoup moins sérieux -un match, baltard, je sais pas. quelque chose qui est comme les défilés pour garance & géraldine: un monde petit et plein à décortiquer comme une noix sur le coin de la table.

    je promets aucune image, faut pas déconner: ces gens-là ne sont pas hyper street style ;).

    http://www.myspace.com/whiterabbits


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