c'est bizarre, un oeil. enfin, mon oeil. pas seulement parce que, si tu le regardes bien, tout près, tu vois qu'il n'est pas seulement bleu mais jaune -or personne n'a les yeux jaunes, me semble, je veux dire hors du règne animal-, mais aussi bicause vois comme c'est changeant: il n'y a pas si longtemps (trois mois?) tu m'aurais dit "trucs à pans", peut-être que j'aurais vomi. ou au moins ricanné. je ricanne, souvent. je sais pas pourquoi, le sarcasme, ça me colle au genre, même si des fois je voudrais être une douce petite femme gentilllle (tellement gentille que le "il" est long en bouche). bref. le truc à pans, c'est ce que portaient les copines de mon père il y a vingt ans. je dis de mon père, parce qu'en fait elles copinaient avec ma mum juste pour toucher la barbe de mon dad. c'est notre lundi "je raconte des anecdotes familiales dont tout le monde se fout". bref. c'était comme un genre de gilet, mais sans bouton et des fois beaucoup plus long devant que derrière: l'inverse de la coupe d'un footballeur allemand de l'est des 70, si tu préfères. disons la coupe rihanna du cardigan, si soudain tu vois mieux. bref. je trouvais ça hideux, hideux. c'était sans compter sur mon oeil, qui des fois dit "mais beuargh, quoi!" et qui le coup d'après me fait du "eh, j'en veux!" bref. chez zara, l'autre jour, des trucs à pans, y en avait des quintaux. j'arrivais pas à aller vers la caisse avec et pourtant, je voyais bien que ça n'allait pas faire un pli que dans dix jours ou peut-être quinze, j'aurais maîtrisé le truc et padebol, les plus beaux pans seront plus qu'en taille 46. le truc le plus à pan que j'ai vu, c'était un petit blouson en cuir fin et aussi la divine veste à sequins que toute la blogo sous influence balmain va vouloir, sauf que je sais pas où vous portez des sequins à ce point dans vos vies, mais dans la mienne, c'est quand même une petite plaisanterie pas super pratique. bref. il y a toujours un moment, à l'orée d'une saison, où je suis le contraire de punky b: je n'arrive pas à opter pour les nouvelles formes, je ne m'ose pas dedans, ce que c'est d'être une timorée du style, ma bonne dame, vous m'en direz tant.
vous flanchez pareil, des fois, vous autres, face aux nouveaux portants? moi, là, y a au moins dix choses que je n'arrive pas à rapprocher de mon propre corps:
-joaquin phoenix (pour des raisons que ma raison ignore)
-le jean bleach (toute femme non surnommée "la brindille" sait ce qu'un corps féminin se prend dans la dignité with cette saloperie de jean bleach)
-le bloomer taille haute de chloé (je crois que nous pourrions copier-coller le contenu de la parenthèse ci-dessus, non?)
-le leggings impression "le fluo c'est super, alors j'écris des mots dessus mes jambes avec" (plutôt crever, putain, plutôt ça)
-les pans (donc, mais c'est pas définitif)
-la robe "minimale" (à part rumi, qui peut réellement porter une robe "minimale"?)
-le sarouel (jamais) écossais (ô grand jamais) : il y a des hypes qu'on laissera passer d'un oeil morne (bien que mi-bleu, mi-jaune) et sarcastique
-le pyjama pour sortir (même pour rentrer, en fait)
-les épaulettes de plus d'un mètre d'envergure (mitzi capture, hors de ma vue)
-les espèces de bottes courtes à orteils apparents (je pense à "ridicules", le film, dès que j'en vois)
photo: une veste à pans qui me tente mais pas encore assez pour craquer de la maille pour. sur le site de topshop, comme d'hab'.
Publié par piapias à 22:58:06 dans inspiration | Commentaires (6) | Permaliens
tu as une douce gueule de bois, il neige un peu sur les abesses, alors on ne réfléchit pas, paf, on pousse la première porte venue.
"oh, ça alors comme ça tombe bien, un dépôt maje !" (tu as vu comme le hasard fait bien les choses?)
dedans le dépôt maje, la vendeuse, vaguement snob, tente de séduire des touristes provinciaux un peu boubo (bouseux bohème) comme moi :
"alors cette petite collection, là, with les robes à 300 boules, c'est les franges à putes qui l'ont faite."
ne riez pas, c'est vraiment pas sympa :-D
Publié par piapias à 17:57:17 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (14) | Permaliens
va donc, eh ! dita von teese ! quand je ferai la danse des sept voiles à mon mari transi (d'amour, mais aussi de froid), c'est ce genre de dessous affriolants qu'il découvrira. pas des rubans, pas des dentelles, pas des bidules qui vous font les hommes comme des petits animaux dociles et charmants. car dans la série "ma vie est vraiment tout à fait dingue et je le prouve", je demande: ma première visite dans un magasin damart (si ce mot ne me ramène pas de pub gérontophile, c'est à désespérer).
alors sache-le, il faut regarder sur le ouaibe ouorld pour savoir où se trouve le magasin damart de ta ville, déjà. parce que contrairement à la boutique manoush, tu ne l'as jamais enregistrée quelque part dans ton cortex.
après, dedans, il y a du carrelage blanc et des néons basse conso qu'on se croirait dans un village roumain. le client est une cliente et elle porte des semelles "confort" et souvent une coiffure caramel à petites bouclettes serrées. c'est donc une : mémé, bien ouej martine. moi j'aime bien les mémés. les vieux, ils me kiffent ma race depuis toujours, j'étais même sans doute la meilleure intervieweuse de vieux du monde, à mes débuts (c'était l'époque où je fantasmais l'idée que ces vieux finiraient par me faire leur seule héritière de leur loft new yorkais ou au moins de la tête de sanglier empaillée au-dessus du buffet, or non, car le vieux me kiffe, ok, mais le vieux est un rat de l'enfer, autant le savoir).
bref, aux mémés de damart, je leur cause et c'est bien pratique pour comprendre le code maison: les t-shirts (enfin, les "dessous" en forme de) ils ont des numéros, style 1 pour un hiver à ouarzazate et 5 pour une saison dans les vosges. comme je vais à paris et que mon frère me dit: "ne viens pas, c'est ignoble, faut vraiment être con pour venir ici quand on vit au soleil" (mon frère vivant en BANLIEUE, je ne crois pourtant pas qu'il soit autorisé à donner des conseils géographiques à qui que ce soit), je prends direct du 5. si y avait 12, je prendrais 12 histoire de voir si je peux aller dîner avec piski en t-shirt en plein mois de februar. la cabine de damart, c'est un monde en soi: la vendeuse a mis tes "dessous" dans une sorte de panier suspendu en filet (un peu comme un truc à linge sale, en fait) et à côté il y a un rayon "mi-bas tout confort cors, orteils en marteau" (??????!!!!), et encore plus loin... égaré là, en train d'attendre sa dame (pene??) ou juste de mater les culottes taille très haute "effet amincissant" (pervers, pervers!), le clone de javier bardem (un long moment j'ai CRU réellement que c'était javier, mais soyons réalistes, revenons sur la terre qui est la nôtre: que foutrait javier au damart de la rue davso??? cet homme est hyper hot. ses poils sont surement thermolactyl. enfin bref. il était sexuellement formidable, sauf quand il s'est levé de son "fauteuil" -y a des fauteuils genre stressless chez dam'- et qu'il mesurait ma taille, c't'a'dire 160 cm au garot). fin de l'anecdote.
bon après tu es à la caisse et tu en as pour 80 euros. wachh. tu fais : "putain, j'espère que c'est pas de la camelote, à ce prix!"
la caissière propose une carte de fidélité. mini-javier bardem ou pas, tu la coupes: "non, vraiment, je crois que ça ne va PAS ETRE UTILE MERCI."
enfin, paris, nous voilà, quoi. on n'est pas très sexy, mais au moins on aura chaud.
(mon mari précise: "c'est damart, ça ? (la photo) c'est pas la cliente moyenne, hein". bouclettes caramel, j'ai dit.
Publié par piapias à 16:58:52 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (11) | Permaliens
le printemps est encore une abstraction. tu as encore du temps pour t'appréhender toi-même vêtue en cherry blossom girl (toutes ces nuances chair qu'il faudra maîtriser en camaïeu sur ton teint d'endive, ta rockitude va-t-elle s'en remettre? va-t-on parvenir à distinguer où s'arrêtent tes vêtements et où commence ta peau? trompés par ce ton sur ton, des gens marseillais exubérants vont-ils, du coup, te montrer du doigt en te croyant nue sur la canebière?), le temps de trouver un meilleur anti-cernes, le temps de médire sur le compte du jean neige, le temps d'apprendre à marcher avec les gladiators de new look, le temps d'apprendre à marcher avec les gladiators de new look ET un porte-bébé. disons-le, les collecs printemps-été ne te font pas grimper aux rideaux en criant des trucs obscènes. un tout petit peu trop milieu des eighties pour toi, sans doute -et ton absolue certitude que, comme par le passé, les épaulettes façon laure manaudou sous EPO, seront à nouveau rapidement et justement honnies. comme les manches de blazer retroussées, car on n'est pas dans wham non plus, merde, enfin cela n'engage que toi. nos photos de 09 feront rire nos enfants dans 20 ans.
en attendant tu écoutes encore get well soon (parce que c'est beau), tu lis encore "beautiful people" (parce que c'est exotique) et hier soir tu étais saoûle avec trois verres de cassis blanc, turban bas, ava. invitez-la, elle coûte que dalle en gnôle (d'autant que les soirées "nouvelle star" sont à quelques encâblures, braves gens). en attendant, c'est dimanche et tu es sur le site de topshop à te dire que, décidément, il n'y a pas tellement mieux pour commencer à s'éloigner de l'hiver d'une longue guibolle qu'un petit pantalon à pont rayé.
http://www.myspace.com/officialnickeleye (c'est vraiment mignon un strokes, quand même)
photo: topshop.
Publié par piapias à 10:10:52 dans où je bave avec application | Commentaires (12) | Permaliens
ne faites pas d'enfants : déjà, si vous avez vu "noces rebelles" (quelqu'un peut me dire comment on se remet d'un film pareil??), vous n'en avez pas hyper envie. après si vous vouliez inscrire vos fesses au concours de "mon booty, je le shake", non plus. mais plus fort encore que la fonte du grand fessier (le grand fessier, c'est comme le bonheur: tu ne savais pas que tu en avais avant de l'avoir perdu), il y a la fonte du neurone.
personne n'en parle car sinon les gens ne feraient vraiment plus d'enfants et alors ce serait, la terre, un truc un peu comme un concert de didier barbelivien. le désert, la mort, le désespoir (je suis super gaie, moi, non?).
revoyons cette scène au ralenti :
extérieur jour vieux port, hier. ava en balade avec tyrano, amourdemalife et sa tataluce de paris tombent sur jeune homme drôle à casquette que kiffe assez ava (alors que pourtant le jeune homme a un gros gros accent marseillais excessif et qu'ava, les particularismes régionaux, des fois ça l'excite pas) :
jeune homme drôle à casquette qu'ava kiffe assez : "oh, salut salut la jolie petite famille !"
ava, notre quiche: "oh, salut... toi !"
petit silence : tout le monde attend qu'ava fasse monsieur loyal.
ava, notre quiche sénile, cette poule au cerveau vide : "alors là c'est ma tataluce de paris et là c'est, eh bien, heu..."
.....................................................................................
un troupeau d'anges passe sur la pointe des pieds (et ça ne suffit pas à faire diversion ni à sauver jeune homme drôle et ava de la mortification)
finalement, quatre ans plus tard, amourdemalife (le david hasselhof de mes neurones, mais sans slip rouge) : "ben jeune homme à casquette qu'ava kiffe, quoi !"
alors ça vous le fait des fois, de devoir présenter quelqu'un et tout à coup, c'est comme si votre cerveau avait buggué et vous ne vous souvenez plus du nom de cet étranger que vous connaissez pourtant très très bien? ou c'est juste moi, avec mon absence de grand fessier & de neurones? et y a t-il un traitement je vous prie ?
http://www.myspace.com/thepierces (des filles qui n'ont pas de problèmes de grand fessier, les garces)
Publié par piapias à 10:44:07 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (11) | Permaliens
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