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piapias

avec de vrais morceaux de pipelettes dedans !

il venait d'avoir 18 ans | 19 avril 2008

dans la vie d'une fille, il y a des étapes importantes : la première copine à la vie à la mort (5 ans), le premier amoureux à la vie à la mort (6 ans), la première barbie (7 ans), le premier fantômette (8 ans), le premier angélique marquise des anges (8 ans), la première drague par un garçon qui pourrait être ton fils (33 ans).

bien sûr, quelques enfants masculins ont un jour pensé qu'ils allaient m'épouser mais les enfants sont formidables. on ne va pas se mettre à les écouter non plus.

ceci dit, jusqu'ici, aucun sosie de shades en âge de me faire rire bêtement ne m'avait demandé si j'envisageais de tromper mon mari dans un avenir eh bien, à vrai dire tout à fait proche.

le petit gars était très sûr de lui (moi aussi, sur ce coup de renvoyer un jeune à sa PS3), et très préoccupé par cette apparemment centrale question de la fidélité (enfin la mienne, immédiatement). à tel point que cette vieille dame magnanime que je suis -pardon, ce vieux sigmund en talons de 10 que je suis- a donc demandé au chérichéri : "mais enfin bon, kevin, tu veux dire que toi la fidélité, c'est niet?"

kevin le shades: "ah mais moi c'est normal, c'est parce que je suis jeune."

première fois où quelqu'un m'a fait comprendre qu'il était temps de souscrire à préfon retraite (33 ans).

bon bien sûr j'ai pouffé.

on pouffe encore quand on a 33 ans.

ma copine chris, à qui je racontais cette anecdote "harold & maud in your face", m'a dit que lorsque comme dalida elle avait eu "deux fois 18 ans", elle avait eu envie d'exploser la consommation de zubrowska de son pays. moi je suis allée me boire une saloperie de coca zéro. un peu comme une coupe. oui, un peu jusqu'à la lie, quoi.

photo: hedi slimane diary

www.myspace.com/thekooks

 

 

Publié par piapias à 20:48:00 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (16) |

black lips are my new friends | 18 avril 2008

alors sur wow, l'excellent magazine dont j'ai loupé le bouclage l'autre jour -le truc qui, au rayon flips de ma vie équivaut un peu au fait de se réveiller à l'école en pyjama- j'avais déjà un peu causé de ces sympathiques tronches de rien de black lips. de la moustache, de l'hideuse casquette de pompiste, de la vieille chemise, de la dent en fer (si, siiii !), les black ont assez peu de chance de se retrouver shootés par heidi slimane, je dirais. c'est peu dire que le glam n'a jamais fait escale à atlanta, georgie. mais le rock, c'est comme l'amour. en théorie, tu aimes les pantalons étroits, noirs, les cravates fines, les gilets de barman (= en théorie tu aimes benjamin siksou), en pratique tu deviens sauvage quand se pointe un homme qui n'aurait pas acheté un seul vêtement depuis 1991 si tu ne l'avais pas forcé, je veux dire un 38 sur la tempe. mystères de la vie. donc j'aime ces affreux gringalets, leur sale son vintage de fond de garage, leurs voix qui déraillent (ce groupe a la particularité d'avoir mis son meilleur chanteur... à la batterie. c'est pour que vous compreniez l'idée) et surtout leurs tueries de tubes façon kinks (que celui qui garde son calme sur "bad kids" me jette la première moustache).

depuis hier soir, j'aime aussi les concerts de rednecks.

comment vous dire le cabaret aléatoire? on parle en gros d'une friche. enfin de murs moches, de piliers moches, de la plus infecte bière du monde et l'un dans l'autre d'un niveau de chaleur à peu près équivalent à celui de feue la RDA. eh bien hier ce n'était pas du tout ça. hier c'était le public debout sur la scène disons à la 3e chanson, du vol plané de sosie des shades (ou de tony de "skins") toutes les deux secondes, du pogo de 77, du PUTAINDEROCKNROLL fiévreux et déchaîné comme marseille n'en voit jamais parce que marseille, je vous balance le truc au cas où, ne venez jamais vous y installer si par exemple vous êtes un petit peu dingue de rock. en revanche, fan de christophe maé, je pense que cette ville sera ta jérusalem.

bref, il faut réhabiliter le bouseux, moi je dis. atlanta, hypeland pour 2008 ?

http://www.blogotheque.net/Black-Lips,4006 si le coeur vous en dit.

Publié par piapias à 20:53:27 dans où je me prosterne avec servilité | Commentaires (12) |

la femme lynx | 14 avril 2008

à l'heure où je vous parle, mon mari ne sait pas encore que le coiffeur, cet être honni, a encore forcé à mort sur le balayage et que donc je suis blonde. pas blonde comme d'habitude, naaaan. blonde. barbie is my folk. avec mes cheveux en baguette et cette frange que tu peux te mirer dedans, on dirait une claudette. ce n'est certainement pas la femme qui a inventé l'excellente expression CDM (comme dans Coupe De Merde, http://www.nuchenuche.com/) qui me contredira: le coiffeur n'est pas l'ami de la femme. mercredi au boulot j'en connais qui vont y aller joyeux sur le "oh blonde" (avec l'accent marseillais).

bref bref.

je me fais toujours redoutablement chier chez le coiffeur. sauf une fois parce que j'étais en pleine folie dans ma tête et donc on avait tous chanté du madonna dans le salon, les apprentis, les clientes, moi, tout le monde. dehors il pleuvait, mon brushing à 60 euros avait été ruiné illico m'enfin marade tout de même. tout à l'heure, pendant que je me transformais en danseuse du crazy ("ça fait pas trop perruque?" j'ai demandé en sortant à la fille à l'accueil. "mais naaaaaaaan, enfin" qu'elle m'a fait genre en roulant des yeux. le pourliche je peux te dire qu'il n'est jamais sorti de ma poche), une femme-lynx est entrée. alors sur la south coast, c'est une espèce vachement courante: quelque part entre 50 et 70 ans, la pommette slave hyper bombée, l'oeil en amande mais curieusement figé, la bouche, bon ben la bouche d'emmanuelle béart tout simplement et le plus souvent un bronzage de bahamas et des pompes de fétichiste. ces femmes-là me mettent toujours un peu mal à l'aise, je sais pas. je sens qu'on va pas tellement trouver de trucs à se dire j'imagine. la femme-lynx d'aujourd'hui, une sorte de mouna ayoub sur le retour, elle se faisait des petites moues dans le miroir, des moues style marylin, mais comme si marylin avait eu une soudaine paralysie des muscles faciaux. à un moment le coiffeur lui a demandé un truc (style : "sucrette?") et elle a dit "j'ai pas compris, j'ai un petit cerveau." moment de terreur sur le visage de mon coiffeur: "euh, mais vous vous en servez pas de toute façon?" elle, rayonnante, toute moue dehors: "nooon! pour quoi faire ??"

je me suis étranglée dans mon gala. j'ai eu envie de rentrer à la maison écrire un roman dément sur la vie d'une femme-lynx pleine d'humour qui aurait juste dû faire semblant d'avoir que des avions dans sa tête depuis 70 ans, une femme lynx avec un mari vieux encore plus bronzé qu'elle et une super baraque meublée roche bobois et des moments de désespoir total avec ses salauds d'enfants. parce que peut-être la leçon de tout ça, c'est que la femme-lynx et moi on aurait plein de trucs à se dire? je veux dire, je suis quand même la fille châtain qui se faisait teindre en virginie effira à côté d'elle, quand même. peut-être que si mon mari était riche au point de m'offrir des lèvres pneumatiques, je serais moi aussi un peu du côté lynx de la femme?

hein, qui saît ?

ce que je peux vous dire d'autre, c'est qu'apparemment, ardisson a un goût de chiotte pour se meubler, ça faisait carrément mal aux yeux, la visite de son appart. sinon encore, céline dion en maillot de transformiste dans paris match, je dirais: dispensable.

photo: lastnightparty

http://www.myspace.com/portobrien (tu reprendras bien une petite dose de ce super folk rock? moi aussi dis donc! "I wope up today'", sur volume 56, please: j'ai peut-être pas la baraka de la blondeur, mais celle de la bonne petite découverte qui va bien, cette semaine, je dirais facile qu'elle est mine!)

Publié par piapias à 18:50:49 dans où ça prête à rire | Commentaires (29) |

c'est quoi ce look, cocotte? | 13 avril 2008

c'est jour du seigneur, donc on ne persifle pas. oui mais bon! attendez! dimanche c'est aussi le jour où le gentil monsieur du vieux port me donne mon "elle". et moi -où va se nicher la narquoiserie!-  je ne peux plus lire un "elle" sans trébucher à un moment dans le mauvais esprit le plus moche.  

le truc c'est que je ne comprends pas la rubrique "t'as le look" (coco, t'as le look qui te colle à la peau: enfin bref, c'est à ce genre de souvenir qu'on voit que je ne suis pas un perdreau de l'année). le concept, si tu lis le texte au bout des jolies flèches jaunes c'est en gros de dire que nos amis les pipoles, ils auraient soutenu leur thèse de hype avec les honneurs du jury. on pourrait te les dépiauter comme une pièce de charolais chez sambuc (excellent boucher! si vous voulez de l'adresse marseillaise fashion, n'hésitez pas, ava est dans la place), tout serait toujours exquis, de bon goût, du ravissement pour l'oeil, un éblouissement de cool et d'élégance.

or le petit souci qui te détruit le concept c'est évidemment la photo.

car le pipole n'est jamais aussi mal foutu et sapé comme ta concierge albanaise en freestyle que sur les photos de "t'as le look". c'est une règle sans aucune exception. nous sommes toutes du plutonium à côté de ces pauvres pipolettes.

prenez, là, kate bosworth. on est d'accord que nous ne sommes pas en train de causer du plus gros charisme d'hollywood, mais quand même. voilà de la très charmante personne. avec un goût de fille bien, fraîche et pas crâneuse. ben là, c'est terrible. ma pauvre kate, alone in france, elle a l'air de sortir de zonzon avec une couleur home made foirée, de la ballerine made in china qui lui fait le mollet de 3 cm, un gilet qui l'écrase comme une grosse couverture sncf et une robe qui va faire peur à tes vitres -une robe dont le seul salut irait à la limite se nicher dans un talon de 15 et une queue de cheval mutine.

"avec ce look, elle va toucher le jackpot", écrit pourtant "elle".

c't'une blague ou bien? le concept à l'intérieur du concept c'est "ton pipole, quand il va racheter son tetley à monop' il est comme toi, il attrape ce qu'il a sous la main pour sortir, et même si ce qu'il a sous la main c'est un gilet chloé à 12 000 dollars, il a l'air d'un pauvret" ? qu'on se dise "attends, mais maurice toutes ces actrices finalement, hein, c'est photoshop et compagnie"? je sais pas, je me triture le lobe. et si j'étais un pipole je prendrais les paris que le jour où je sors avec la frange qui frise, "elle" est cap' d'écrire que cette "excitante frisure va casser la baraque". alors que j'aurais juste envie de décéder du cheveu.

http://www.myspace.com/miraclefortress (vera, tu vois que je dois penser à mount albert aujourd'hui)

Publié par piapias à 20:06:58 dans où ça prête à rire | Commentaires (8) |

et tout à coup, un inconnu vous offre des fleurs | 13 avril 2008

parfois, pour comprendre la mode, il faut se faire un peu violence.

une veste margiela über épaulée, un pantalon carotte à pinces porté avec des low boots à orteils apparents, ça ne vous vient pas comme ça en dormant. il faut de la propagande, il faut beaucoup répéter, il faut du message subliminal pendant de longues semaines avant d'y parvenir. sinon, spontanément, vous avez juste envie d'éclater de rire et de dire "ah ah ah mais quelle horreur la vache". la mode, mesdames, messieurs, souvent c'est un petit peu comme l'art contemporain: ce n'est pas fait pour être immédiatement "joli". c'est fait plutôt pour surprendre, déboussoler, faire réfléchir. alors je réfléchis vachement à la veste margiela, parce que je sens que l'hiver prochain, ce sera ça ou le bagne à casser des cailloux.

ma maman a un ami, il parle des langues style dialecte lapon de la fin du XIVe siècle, il dit toujours que si tu parles six langues, autant en jacter trente, donc c'est ce qu'il fait, finger in the nööse (nez en dialecte lapon, on va dire). la mode pleine d'audace, quand tu n'as pas assez de vocabulaire, c'est un peu comme expliquer à un employé du métro de new york de 156 kg de muscle que cette metrocard -pardon, this fucking metrocard- ne marche pas. tu finis par parler avec les mains, par faire un dessin sur ton lonely planet, des gens s'attroupent, quelqu'un finit par dégainer le patriot act et puis voilà, c'est guantanamo avec quelqu'un qui te demande en farsi quelle était la cible de ton groupe armé. ce que je veux dire c'est que la première leçon de la bête de mode, c'est: l'aisance. quand elle traverse la ville avec son sarouel en vinyle et son plastron métallique d'un mètre d'envergure, personne n'a donc envie de pouffer sur son passage. nan nan. car la bête de mode porte la pure assurance comme éternel accessoire. elle n'a pas l'air de s'excuser d'avoir du courage, tout simplement parce que tel le véritable héros, elle n'a même jamais pensé que c'était du courage: oser ce que personne n'ose lui vient naturellement.

je ne suis pas du tout une bête de mode. personne ne m'a jamais dit "whaaa, la polyglotte de la fashion", par exemple. ou "putain, il faut avoir des bollocks grosses comme la chine pour porter ce que tu portes". ni rien. les jours fastes, mes copines bondissent sur moi en disant "aaaah, ta robe, j'adore" ou alors c'est mon mari et c'est pour enlever la robe, les maris ont ça de rassurant que lorsqu'ils aiment un vêtement, ça leur donne envie qu'il soit tout chiffonné au pied du lit.

il y a aussi des boutiques pour les demeurées des langues étrangères. des boutiques comme sessun. dedans, tout est simplement comme une fille aux cheveux un peu emmêlés qui revient du marché bio avec son petit panier plein de pain allemand et de tomates coeur de pigeon. l'été, je suis comme ça. j'enlève les couches de moi qui ne sont pas absolument nécessaires, les crises devant mon dressing, le questionnement existentiel, je veux juste avoir ma tête un peu pompette le soir encore chaud à la terrasse du petit nice, mes fesses à l'aise dans l'herbe pour un pique-nique de copains, mes pieds qui s'étirent dans le sable. chez sessun tout est un petit peu fait pour ça. une robe fraîche et charmante, un petit trilby en paille, des spartiates caramel, un rien de peau dorée et puis voilà: ta mère, ton homme et le miroir ne disent qu'une seule chose, et cette chose c'est que tu es jolie. pas hyper-sapée-la-vaaaache, pas ptain-mate-la-bête-de-mode-làààààààà, nan, juste une fille pas encombrée des codes de la représentation en bonne société fashion.

http://www.myspace.com/swanlaketheband (est-ce que le canada est pas une terre idéale pour migrer, là, les petits amis?)

Publié par piapias à 11:47:31 dans où j'ai encore travaillé plus pour dépenser toujours plus | Commentaires (9) |

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