parfois le bonheur coûte 2,30 euros. car me voilà rieuse & joyeuse au-dessus de mon "elle" encore un peu en mode "les stagiaires ont le power" (dans mon journal, c'est pareil et je peux vous dire que ça en arrange certains, parmi les vieux dont je suis; je dis "vieux" car parmi nous, personne ne s'appelle nancy ou kelly ou ambre. alors que parmi elles, tout le monde), en présence de ce qu'à coup sûr mari & amis seront cet hiver d'accord pour moquer (et quand je dis moquer: je veux dire hululer de concert, car il y a des hommes cruels sur cette terre, petite fille) : le collant écossais ! rouge, tant qu'à (à ce niveau de jambes démonstratives, on serait gourdes de tuer le concept par du gris). je sais bien que cet automne, la mode la joue un peu "mon manoir preppy dans les highlands" (et on est d'accord que pour une chemise de bûcheron, on est toutes prêtes à faire un peu n'importe quoi), mais est-ce que j'ai la berlue? il me semble qu'à chaque rentrée -réminiscences de nos kilts et sous-pulls des 70's ?- on nous refait le coup de l'écossais nouveau must have. j'ai jamais l'impression que le truc prenne vraiment, d'ailleurs (en novembre, c'est marrant comme on est passés à autre chose). mais par un subtil effet de marketing viral, parce que je suis faible, il y a toujours un moment où je me crois de retour en CM2, un moment où j'ai envie d'acheter une jupe plissée, et courte, et grise, un col V avec un écusson sur le sein gauche (c'est toujours le sein gauche, je vous signale), un caban, des babies à talons, des chaussettes hautes, une besace en vieux cuir, un fiancé blond à mèche et tiens, paf, un truc en tartan.
alors pourquoi pas un collant, je me dis, tout à mon petit côté zit remedy un jour, zit remedy toujours ? eh bien peut-être parce que l'effet "je sors avec la couverture anti-poils de chiens de la banquette arrière sur mes guibolles", ça va être du sport à assumer, mes petites dames. et quand je dis sport: je veux dire qu'il y a des effets d'optique plus doux que le carreau sur mollet: ok, pas le motif jacquard non plus. pourtant -eh ouais, on est comme ça, nous autres, toujours un peu à se compliquer la vie, car sinon tout serait si ennuyeux- on en veut aussi, du motif jacquard, là. chez la suède (pisk, vas-y, ricanne mon petit père), il y a du pull de nerd des années amstrad et si c'était pas encore 29° sur mon vieux-port, je serais déjà la fille qu'on repère dans la ville à ses losanges. à ce rythme, c'est à peu près clair qu'on va finir, dans une saison ou deux, par remettre du pull à torsades. l'honni. everybody wants something, they'll never give up (si tu es capable de replacer ceci dans son contexte historico-culturel, tu es si fort que tu me donnes envie d'être ton ami pour la vie)
ps: pete, on n'est pas OBLIGES de porter la robe, surtout dans cette atroce longueur mortifère, la robe avec les collants de punk, je précise ;)
photo: défilé hiver 2008-2009 d&g, www.vogue.com
Publié par piapias à 14:49:57 dans inspiration | Commentaires (13) | Permaliens
à la rentrée, j'ouvre un nouveau cahier, j'attrape mes ciseaux, mes magazines et ma colle uhu et je fais des travaux manuels. le truc pourrait s'appeler: le cahier des mariages et des enterrements. ainsi, dans la série RIP, il semble que ce bon vieux jean large puisse aller décéder à la cave. ainsi, dans la série love boat, nous savons désormais qu'il faudra se réhabituer à porter du pantacourt (excuse my french: du pantalon 3/4) format cigarette et/ou trompette ET de la taille basse. tu te dis que ça valait bien la peine, tiens, de se contorsionner des mois durant pour parvenir à se glisser dans les jeans revival 70's et faire croire à tes fesses qu'elles avaient toute la place nécessaire pour se nicher dans un espace cousu pour des miches d'écureuil ? tu n'as pas tout à fait tort, ma bonne martine. tu te dis que le pantac... pardon, je vais m'y faire, le troiquart, n'a jamais été le meilleur ami de la fille d'1m60? encore une fois martine, je ne peux que m'incliner. mais c'est la mode. donc fais un effort. car ce n'est pas demain la veille que les jeans honnêtes dits par les hommes "faiseurs de beaux culs" vont ressortir de la naphtaline.
ce qui saute aux yeux, dans ce cahier de tendances maison, c'est que punky b restera notre reine: voilà une fille qui, même malade comme un whippet enrhumé, sait rester digne. et afficher facile & avant tout le monde, un peu, oui, comme une foulée d'usain bolt (excusez-moi, je m'en suis pas encore tout à fait remise) ce qui allumera la prunelle de la fashionnette: autrement dit, la chemise à carreaux. nous serons donc toutes des reese witherspoon la saison qui s'amène. des filles fraîches des grands espaces, avec des sourires de gentils fauves et les bottes plissées d'isa marant parce que sinon merde, ce serait vraiment pas du jeu.
là où on est un peu contentes, c'est que du carreau, on en déjà plein la penderie. même si là on cracherait pas sur une bérangère claire (je le dis comme ça, la collec automne-hiver sera visible le 8 septembre).
ce qui laissera quelques menus euros à investir dans le jean diesel qui nous fait de la patte, là, tout de suite (on veut bien aussi le top zippé en soie). merci la mode, merci punky, merci la vie.

http://www.myspace.com/digitalism (on a réécouté les teutons hier et du coup aujourd'hui, c'est malin, on n'écoute plus que ça)
Publié par piapias à 17:23:35 dans inspiration | Commentaires (14) | Permaliens
peut-on porter un slim en taille 42 ?
je pense que nous nous accorderons sur un non. un non ferme, un non rebondi, un non généreux. mais un non.
dans mon magnifique open-space, l'autre matin, quelqu'un a demandé à mon chewbaka (1) "dis donc ava, qu'est-ce qu'elle a au ventre?"
qu'est-ce qu'elle peut donc avoir, la fille qui sautillait en 36 et qui tout à coup avance les pieds en canard, hein, maurice, très sérieusement, si on va par là, si on réfléchit deux secondes, si on arrête de prendre du crack à 10 du mat' ?
les journalistes sont des êtres d'une perspicacité folle. ne perdons jamais ça de vue lorsque nous disserterons sur "la crise de la presse" :).
pas de slim, donc. je bricole des systèmes macgyveriens pour parvenir à fermer mes shorts, mes jupes, mes habits et ne pas aller cul nu de par la ville, cul nu avec mon sac en bandoulière et mes pieds de daisy duck. il faut se battre pour rester digne, il faut se battre pour rester in the moove de la mode, moi je vous le dis.
tout le monde s'en fiche un peu parce que c'est encore les vacances: je sais. la blogo est en jachère et si vous croyez que mon gros bidon m'empêche de vous voir parader dans ma ville en short, en appareil photo et en sourires béats c'est que vous devriez relire les oeuvres complètes de laurence pernoud (comment une femme qui recommande le port de pantalons à taille élastique a-t-elle pu faire fortune? il y a des fois où je me dis que j'aurais du faire BTS force de vente, tiens). bref le south de la mi-août c'est tout le temps et partout des gens qui te rappellent que tu as déjà mangé ton pain blanc.
oui, je boude un peu. c'est grimpy ava. mais c'est parce que je voulais mon slim en cuir, aussi. et oui, enceinte! mais d'un autre côté je peux faire tenir des objets en équilibre sur mon ventre: alors bientôt peut-être, une balle sur mon nez et à nous le plus grand chapiteau du monde !
on se distingue comme on peut.
http://www.myspace.com/sportokantesofficial (y a des bébés qui chaloupent sur "whistle" en ce moment)
photo: balmain, tiens !
(1) voir aussi le post "relooke ton chewbaka".
ps: par ailleurs cela n'a vraiment rien à voir mais cette information mérite son poids de petits pots de crème au chocolat bonne maman: anthony dupray (j'ai failli dire "feu anthony dupray") se fait désormais connaître comme président de l'association Passion lévriers. ne me remerciez pas. je ne tolèrerai aucun "c'est qui ça, anthony dupray?". cultivez-vous, à la fin.
Publié par piapias à 10:25:21 dans inspiration | Commentaires (12) | Permaliens
marseille, mi-août. se remettre la ville en jambes. reconnaître que la côte d'émeraude, c'est bath pour la cryothérapie mais un peu moins pour le fun (je lis des trucs sur le sport, moi madame: des trucs comme quelle saloperie la vie d'athlète. tu finis ton salto arrière et puis hop, on te fout dans un sauna à moins 110° avec juste des moufles, des chaussettes et un bonnet. "pour la récup", qu'ils disent. le résultat c'est qu'on est des ânes aux jeux, ah, bravo, bravo). remettre les pieds dans un centre-ville digne de ce nom et glapir:
"ciel ! vais-je passer dans le camp des filles en furs??" (pas MAINTENANT, martine, malheureuse! les 32°, tu ne les sens pas dégouliner comme un torrent de turpitude sur ta peau nue?) car le gilet en faux lapin est partout, jusque, du coup, mon cervelet de fille facile. mais la légende urbaine disant que la fourrure bas de gamme est du CHAT est-elle crédible? parce que je n'aime pas les chats, mais pas au point de décréter qu'un bon chat est un chat écorché vif. ni d'ailleurs un lapin, à vrai dire. ni même un ragondin, pour aller par là et bon dieu, que c'est laid pourtant un ragondin ! mais voilà le souci avec une enfance entourée de bêtes (je pense qu'aucune blogueuse au monde n'a eu un mouton D'INTERIEUR, et attention, je ne parle pas des trucs qui se coincent entre les fils de l'ordinateur, je parle d'une chose que nous appelions pelote et qui montait sur le canapé. eh ouais madame. ça c'est de l'anecdote.): on grandit et puis on est toujours atrocement sentimental avec l'animal. chat, homme, ragondin. on leur donne des petits noms, on leur imagine des histoires ("alors lui ce serait le papa ragondin hyper brave et intelligent"), et à la fin l'idée de les porter en gilets, c'est juste pas possible.
bref. tout ça pour dire que malgré mon côté pro-peta de base (je suis le genre de fille qui avait trouvé sexy, un temps, de sortir avec un homme anglais qui passait ses journées à attenter au lucre des labos), je me suis frottée à tout machin un peu à poils croisé hier sur mon passage (et je ne parle pas du macho marseillais de base: je suis une femme que certains surnomment "le baleineau", et les baleineaux, il n'y a que les pervers bloqués au stade oral qui ont envie de se les frotter tout contre. ou alors mon homme mais c'est pareil). donc si quelqu'un peut me jurer que la fourrure est désormais synthétique, je signe. et je porte dès tout de suite une peau de bête sur mon corps d'épanoui petit cétacé.
sinon -restons dans le domaine de la superficialité la plus virulente- je rêve d'une robe de poule rock comme on savait les faire au tout début des années 90. noire, courte, moulante, avec de la dentelle si possible, merci. en fait je rêve de la robe balmain. je rêve de cette überlative collection hiver de toute façon. de ces pantalons qui trompettent haut sur la cheville. de ces molles et légères vestes de VV. de ces bottines frangées. et ne me posez pas la question: si je refuse de porter du vrai poil de pelage, je suis tout à fait d'acc' pour l'imprimé animal. même la panthère rouge.
j'adore la rentrée (je le dis principalement parce que la vraie rentrée, avec les tronches blêmes de ceux qui attendent septembre pour mettre les voiles, un nouvel open space plein de bruit et de fureur et d'hommes capables de parler de tes seins en leur présence, c'est demain. et que ma joie va vaciller si j'y pense).



photos: vogue, défilé balmain hiver 2008-2009
http://www.myspace.com/phosphorescent (peut-on arrêter de tomber en amour pour les cowboys? à l'évidence non. une autre fois nous parlerons du fait de sautiller de frénésie parce qu'on va bientôt avoir une nouvelle barbie fille pour jouer avec et dépenser un maximum de pognon dans des boutiques dont le nom commence par bon et finit par point).
Publié par piapias à 15:03:42 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (11) | Permaliens
en vacances, tu peux décider de faire faire du monokini à ton cerveau sur la plage de diamante k. mais si la gnôle dès 8h, le sexe facile & les brésiliennes avec un cheveu sur la langue ne t'intéressent pas (après le départ de lindsay, personnellement, tu as repris tes billes pour te concentrer sur les aventures de bonhomme dans "l'amour est dans le pré"), tu peux par exemple aller à saint-nazaire. généralement il y pleut. mais on s'en fout parce d'un autre côté, une ville post-destruction massive s'en tirerait pas hyper mieux sous 35° et un soleil plombé. alors à saint-naz' il y a deux choses: les souvenirs de chantiers navals de mon bopapa ("en ce temps-là, le chef de chantier on le pendait par les pieds dans le port, on savait rigoler") & le life. le life est une aberration brusquement apparue dans une alvéole de la base sous-marine: autrement dit un lieu dément pour l'art contemporain.
et j'ai envie de dire: pour le rock.
cet été, le life, sous la houlette de roland groenenboom, présente un truc qui, si tu penses que daydream nation est l'une des meilleures choses qui soient arrivées à tes oreilles, devrait te mettre la joie dans le corps. sonic youth etc.: sensational fix. autrement dit une foisonnante expo composée autour de la bande à kim gordon, thurston moore, ce taré de lee ranaldo (personne ne détruit les amplis comme lui) et steve shelley et des liens qu'ils ont tissés durant toute leur carrière avec l'avant-garde artistique américaine. l'expo se présente comme une sorte de spirale folle, anarchique et pourtant très fine, qui prendrait sa source dans les années 50 aux côtés du crew d'allen ginsberg pour filer jusqu'aux skateurs aériens de spike jonze. pochettes d'albums, bidules griffonnés sur la nappe d'un dinner, flyers, toiles, vidéos, installations, de raymond pettibon à jeff wall, de jutta koether à tony oursler, sensational fix mélange les genres et les approches avec jubilation et permet de mieux comprendre comment ces quatre punks intellos sont parvenus à irriguer leur musique sans bredouiller depuis trois décennies. c'est aussi retrouver avec des sourires d'anciens combattants nirvana, dinosaur jr., sugar, les smashing pumpkins, pavement et tous tes petits camarades des années lycée. le souvenir d'un concert de sonic youth où tu avais été soulevée de terre par une foule de fauves en folie. teen age riot.
jusqu'au 7 septembre au life (lieu international des formes émergentes), base des sous-marins, bd de la légion d'honneur 44600 saint-nazaire. 02 28 54 99 45. www.life.org
http://fr.youtube.com/watch?v=iva_Y9W3hJ0 (parce que quel fix !)
Publié par piapias à 11:58:58 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (4) | Permaliens
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