revoyons cette scène au ralenti.
c'est simple. il fait beau, c'est la fin de l'été, la fille veut réfléchir à ce qu'elle portera à la rentrée (c'est une distraction qu'aime la fille), elle en a marre des slims et elle n'a pas complètement accroché aux pantalarges & longs car elle mesure 1m60 au garrot. alors elle achète des magazines de pouffie, notre fille vautrée à la cool avec son désir d'habit prêt à être titillé. dedans les magazines, une série de photos atroces l'attend avec toute la perfidie du chacal en embuscade :

"my god ! madame cruise a été amputée du fémur!" est la phrase qui, spontanément, vient à notre fille alanguie sur son transat de la fin août. car c'est indéniable, dans ce jean, katie donne l'impression d'avoir emprunté son baggy à passe-partout. autrement dit la courtitude de la patte a frappé. et frappé fort (et bas, donc, forcément). en plus, le cuissot de katie a l'air d'avoir 57 ans. bref sur son transat, la fille (mauvaise comme la teigne) se poile: "mouuuarf ! la scientologie, non merci!"
puis vient la rentrée. la fille a quitté sa chaise-longue et rêve d'un slim en cuir. les magazines lui disent que balmain en fait un, mais au prix d'un haras. ça lui fait une belle jambe. les magazines lui disent qu'il y a bien une autre option, à savoir celle-ci :

"my god ! quelles crevures ces paparazzi qui te shootent quand tu reviens de chez le toiletteur avec flavien le bichon et ton jean le plus pourrave !" est la phrase qui spontanément vient à notre lectrice. NB: cette chiennerie de rachel bilson parvient à rester cute même munie d'un chien blanc, d'un tirage de gueule et d'un jean où les trous ont l'air d'avoir été faits exprès (ce qui est tout de même la honte mondiale du denim).
le temps passe. la fille a trouvé son slim en cuir. chez zara. il est beau. il n'est pas fait pour une femme enceinte mais elle s'en fout car fuck les convenances. à un moment on choisit son camp, et ce camp ne peut en aucune façon être vert baudet. la fille pense à ce qu'elle va pouvoir convoiter après le slim de traînée. les magazines et les blogs sont pleins de l'expression boy-friend jean. elle comprend qu'elle est face à un mouvement de fond lorsqu'elle découvre posh dans son BFJ:

"si ça c'est le jean de david, c'est que ce mec met du 38" est ce que la fille remarque de prime abord parce que dans un vrai BFJ, la poshy juste on l'aurait perdue dans une jambe. puis vient quelque chose comme: "même avec un jean tout avachi, posh n'arrive pas à passer pour autre chose qu'une mutante psychorigide de l'espace-temps." puis vient quelque chose comme: "putain de poussette quatre roues motrices" car la fille pense désormais à des choses comme ça.
mais la blogosphère internationale est lancée en quête de son BFJ. des gens ressortent des 501 et se rendent compte qu'on avait jamais été vraiment bombesques dedans mais font tout comme si on s'en foutait. des gens font les friperies et lacèrent des rica lewis. personne ne tente vraiment le vrai jean de petit ami, parce que petit ami ne fait pas du 38 comme david. ou alors parce que petit ami a des jeans de merde (ça arrive même aux meilleurs). ou alors parce que petit ami mesure 1m95. ou parce que petit ami a menacé de plaquerie si ses habits servaient à enlaidir sa femme à ce point (BFJ =courtitude de la patte + fesses plates= petit ami en partance).
puis c'est l'hiver. enfin il paraît, vu que les gens se baignent aux catalans. c'est le truc indien que sifflait le mec sur sa colline. zoï zoï zoï. le phénomène du BFJ a attaqué marseille par le cours julien et la rue sainte donc en gros c'est maintenant ou never pour s'y mettre.
d'ailleurs topshop a pensé à la fille célib' : le BFJ pour fille sans BF.

voilà. donc maintenant si tu es une fille normale tu (et avec toi le monde entier contre ton sex-appeal ligué) t'es convaincue que c'était trop cooool d'avoir l'air d'une bonne grosse bonite des familles dans ton jean. l'enlaidissement héroïque, un concept qui ne marche pourtant que pour les rôles de charlize theron: il est très peu probable que tu chopes le moindre prix de glam' et/ou le respect de tes pairs engoncée dans ton BFJ.
moralité: si une hype ne te veut pas du bien, passe ton chemin :).
ps: on notera que pour une raison mystérieuse, la star de l'amérique ne sort pas seule en BFJ. enfant, mari footballeur & clébard semblent les accessoires indispensables pour parfaire l'allure du BFJ. j'ai beau me la creuser, je ne parviens pas à décrypter le sens de ce détail.
Publié par piapias à 23:03:33 dans où je suis plongée dans un abime de perplexité | Commentaires (30) | Permaliens
poulette va avoir un âge qu'aucun d'entre nous ne pensait jamais atteindre: pas parce que nous aurions vécu vite et mourru jeune (vivre lentement, c'est très bien aussi, et clamser à 99 ans dans son sommeil comme soeur emmanuelle, je pense qu'on peut trouver trépas plus dégueu), mais parce que, tout simplement, quand tu as encore une carte 12-25 à la sncf, tu crois que la jeunesse est ton état personnel, ton état personnel pour toute la vie. les pattes d'oie et le souffle court, c'est toujours pour les autres, pas vrai? toi tu es la fraîcheur de vivre. d'ailleurs il t'arrive encore d'avoir de l'acné: n'est-ce pas la preuve ultime que tu transpires l'adolescence par tous les pores de ta peau caractérielle? mais bref, poulette n'a plus de carte 12-25 depuis dix ans et tu es donc là, dans ce mall, à traquer le cadeau qui ferait un peu, genre, 35 ans. dommage, toujours pas de boutique avec des hommes en libre-service dedans. du coup tout paraît un peu plan B, un peu lot de consolation aux chiffres & aux lettres, un peu passage à H&M après excursion chez zara. donc dépitée d'hommes à vendre, tu entres chez minelli: une marque que tu ne fréquentes plus guère, car à un certain niveau d'arnaque (de la pompe à 169 euros fabriquée en malaisie? mais pourquoi pas !!!), tu cesses d'être shoesivore. et tout de suite tu les vois: comme qui dirait les low boots parfaits. pointus, cloutés, cambrés. tu les essaies car, comme ça tombe bien dis donc, tu partages avec poulette une forme d'humour de hyène et cette pointure 38. dans le miroir, c'est simple, tu as l'air... d'une mannequine. d'une mannequine enceinte jusqu'à la frange, mais d'une mannequine quand même, merde. d'ailleurs la fille assise à côté en train d'essayer des bottes molles te regarde et a visiblement un léger malaise de jalousie. la fille assise à l'autre bout du magasin te sourit avec l'air de vouloir arracher les clous de tes low pour te les planter dans les yeux. la fille qui passait dans la galerie du mall l'air pressé fait demi tour, entre dans le minelli et demande à voir tes low en 40 en faisant mine de ne pas te regarder. comme cela est doux au coeur, parfois, d'être haïe. en tout cas la vendeuse a déjà sorti sa machine à cébé tellement l'affaire semble entendue. il y a des couples naissants, parfois, qu'il est évident à tous que rien, non rien de rien ne saurait séparer. toi, tu es déjà en train d'essayer mentalement la paire de low avec tout ton dressing et c'est la magie, tout en est comme transcendé. tu connais cet état, cet état s'appelle: l'achat impulsif excitant qui à la fin du mois fait que tu es pauvre, telle ce précaire de job, et que tu entretiens une relation de duperie avec ton mari: mari à qui tu tenteras de faire gober que, non, ces low, tu n'aurais pas été jusqu'à les acheter, mais que tu les as quasiment trouvés par terre, dans la rue, oui, dans ta pointure, si c'est pas dingue mon chéri tu veux que je te masse les trapèzes en toute petite tenue ? enfin ce vieux sketche dans lequel je perds toute dignité. puis que se passe-t-il? soudain l'image de poulette, une fille qui ne peut pas blairer les trucs à clous, une fille qui est un peu la délicatesse d'audrey hepburn alliée à l'humour d'un routier ukrainien, se superpose au papier de soie dans lequel la vendeuse est en train de rouler tes low si rock. tu prends conscience que c'est justement la fin du mois. tu prends conscience que la phrase "et pour tes 35 ans, je me suis offert ces low" n'est pas prononçable dans la vraie vie, enfin dans mon cercle de gens coincés de la morale. tu prends conscience que ton propre anniversaire n'aura lieu que dans trois mois et qu'en attendant, tu as déjà flambé pour 12. puis tu te souviens aussi qu'il te reste ce joker "liste de naissance" dans ta manche 3/4: entre le maxi cosy et la poussette tout-terrain, tu pourras peut-être encore glisser "low boots cloutés minelli" sans attirer l'attention et la shame sur ta face? tu dis à la vendeuse, avec cet air de madone au martyr que tu sais si bien prendre en ce moment, que non, finalement non. le coup des chiffonniers du caire, à côté, c'est de la petite bière d'altruisme. photo: piquée sur le blog de la pipelette. j' avais pas le coeur à pétrifier davantage les filles de minelli en dégainant mon pentax pour me shooter les chevilles. la plus belle chanson du monde? oh oui, tiens :) http://www.youtube.com/watch?v=i2V_ZT-nyOs
Publié par piapias à 17:23:23 dans inspiration | Commentaires (14) | Permaliens
je vis dans une ville où tu as disons 50% de chances (en est-ce une?) de porter un jogging tacchini blanc, une petite sacoche vuittton (avec trois t, je pense que c'est sous ce nom que le truc se vend à belsunce) et de rêver, comme dans "tonnerre sous les tropiques" de boules en sueur & de filles qui se frottent à de grosses calandres rutilantes. le hip hop dans ce qu'il a de plus désespérant. et tout à l'heure, j'étais dans ma smart de petite bourgeoise à la con, avec "handlebars" sur volume 25 (au-delà de volume 22, le plastique d'une smart se met à trembler comme un portable sur mode vibreur). parce que cette chanson me fait un peu comme certains trucs de nas ou d'eminem ou je sais pas, du wu tan clan et de the streets bien sûr. qui auraient croisé les trompettes de cake, on va dire. enfin j'étais là à me prendre cette énorme chanson dans ma tête de blonde et à sentir mon bébé battre la mesure avec ses petits pieds (il n'y a pas que la grrrrande musique qui plait aux foetus, voyez-vous) et à ma vitre baissée, tout à coup il y avait ces deux garçons, avec leurs espèces de bandanas noirs de faux méchants, des têtes à glander devant "next" : "eh, madame ! c'est trop bon ct' musique!"
le feu est passé au vert, on a tous démarré. je sais pas si j'ai bien prononcé flobots et si on m'entendait par-dessus la fin en apothéose de cette chanson parfaite pour entrer dans la semaine.
je dis que les gens, s'ils écoutaient pas tout le temps de la merde, on pourrait carrément être copains.
Publié par piapias à 18:06:21 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (21) | Permaliens
c'est sans doute parce que mes parents n'avaient pas de décodeur, au fond de leur foutue forêt des 80's. alors à la récré, j'étais cette fille larguée, cette fille qui ne savait pas qui étaient les nuls, pine d'huître, vandel et tous ces gens tellement cools qui habitaient dedans le poste. un truc qu'on peut vivre mi-loose, mi-raisin: comme à 13 ans, j'étais (déjà) le genre de fille snob dans sa forêt, j'ai plutôt choisi de passer mes soirées avec des écrivains morts et/ou alcooliques. je voyais pas vraiment ça comme perdre au change.
le truc, donc, c'est que je suis passée totalement à côté de toute cette "école" canal + de la life. alors même quand j'ai eu ma propre vie, ma propre télé (un truc même pas lcd qui a l'âge des études universitaires de mon homme, autant dire que ce poste a fait la guerre) je n'ai pas acheté de décodeur non plus. ni de bouquet satellite. ni... rien. du coup je suis toujours assez nullasse en starlets de télévision: j'ai bien yves calvi, mais je crois pas qu'il ait jamais été chroniqueur sur canal, avec sa tête de sanglier ronchon. du coup pendant longtemps j'ai ignoré les putafranges par exemple. ouii !! je t'assure. c'était un nom dans jalouse, un nom de soirées où je vais pas, d'émission que je regarde pas et puis des franges, quoi. quelque chose de ce aaah, paris qui n'est pas le aaah ! paris qui moi me botte, parce que je trouve qu'il sent trop le très gros pognon facile les doigts dans ton nez des années 80, mais c'est mon avis, hein, mon avis d'enfant snob dans sa forêt sans décodeur. bon eh puis cet été, chez ma mum, je crois qu'à la fin d'une soirée nous nous sommes échoués devant ce truc de france 4 avec ray cox, en direct des festivals. alors j'aime bien ray, parce que son accent et ses blagues pourries et qu'on dirait ton oncle, en gros, si ton oncle était backstages. alors nous avons découvert un peu interloqués tania bidule, la tania putaf'. eh bien ! mazette! avions-nous envie de siffler entre nos dents. tania, elle est peut-être gentille, comme copine de shop-shop ou je ne sais pas, pour des bons conseils de lissage de mèches, mais alors il faut vous dire le truc, c'est que la musique, bon ben. ce serait un peu comme moi si je devais tenir une rubrique "nos amis les pipolets télévisuels, leur vie, leur oeuvre". la crédibilité discutable je dirais. l'à côté de la plaque pas trop trop pardonnable. l'envie de bien faire, c'est certain. mais quelques myspace de retard, ouh la, ouh la.
alors je lis chez besnob -un lieu où par nature je me sens à mon aise de petite péteuse au nez froncé, oui, voilà, roulons-moi à mon tour dans le sarcasme- que désormais les putaf', elles font de la fringue. pour maje. avec en gros de la chemise à carreau et de la robe noire rock'n'roll comme tout le monde cet hiver, je vais dire pour résumer. à un moment tout ça sera en vente chez colette, on est bien contents. alors maje, je vais dire quelque chose de pas hyyyyper sympa, un truc même assez vachard de plus, ok, mais c'est un peu comme le phénomène de la putaf', quoi. c'est assez de la gueule, surtout, non? c'est du prix dessus qui fait oumpfff dans ta face. mais la qualité, touche la qualité, eh bien elle n'y est point dessous, ma petite martine, touche et rends-toi à l'évidence. maje/putaf' c'est un peu juste le concept l'ascenseur, tu le vois l'ascenseur? eh bien je le prends et je te le retourne, martine. alors sois gentille de me le renvoyer idem. tout ça pour dire quoi?
tout ça pour dire: mouais mouais.
sans doute la seule double affirmation au monde qui à la fin forme une négation.
http://www.myspace.com/jennylewismusic
ps: il doit toujours me manquer le décodeur pour comprendre le fun qu'il y a à être un tout, tout petit monde de gens (parisiens: je le dis alors que je les aime, hein, j'en suis moi-même une à demi) sur la terre qui se renvoient la baballe dans leur coin. on va dire que je suis aigrie. parce que j'y suis pas, parce que ma province, parce que les forêts, parce que philippe vandel. ouaiiis. disons-le donc :).
Publié par piapias à 23:17:22 dans inspiration | Commentaires (20) | Permaliens
quand j'ai envie de me brutaliser un peu le moral, de faire comme si j'avais encore des jeans neige, 13 ans, un conflit ouvert avec ma mère, la sensation que j'allais passer ma vie à garder le sac de mes copines et une meilleure amie qui avait failli jouer emmanuelle béart jeune dans manon des sources, je vais chez rumi. un peu les plus belles jambes de la blogo, on va dire, cette rumi. une fille dont la hauteur des talons est toujours inversement proportionnelle à la longueur des robes. une fille qui ne se met pas en berne sous prétexte qu'elle est sévèrement gaulée. une fille rock avec des yeux tristes, un drôle de sourire, généralement un amoureux bodybuildé et des espèces de lumières californiennes poudrées dans les parages. et un minimum de 132 commentaires les jours de micro-short.
une fille un peu iréelle, une fille améwicaine, quoi.
l'autre matin, c'est sur ses leggings lacérés que j'ai fait mes yeux de tex avery. peut-on les porter dans la véritable vie qui est la nôtre, jeunes femmes trentenaires dignes de la france en crise ? je veux dire sans fiancé avec de gros bras, sans los angeles, sans perfection de la taille 34 ?
comme on l'aura observé, j'ai comme qui dirait du mal à me fasciner pour le côté bcbg de la fashion, les filles bien coiffées, tout ce côté charme discret de la bourgeoisie, ce côté tout en retenue romantique des dames de chez nous, ce côté "sexy?? mais vous n'y pensez pas honey". si j'étais un homme j'aimerais juste ces filles un peu bad, ces filles qui claquent. mon empire aux pieds toujours merveilleusement chaussés de rumi.
http://www.myspace.com/loveisall8 (merci hans! je les avais oubliés)
photo: www.fashiontoast.com
Publié par piapias à 19:53:46 dans où je bave avec application | Commentaires (22) | Permaliens
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