l'autre samedi, nous avons donc shoppé, mes gens & moi. pendant que mon homme claquait quelque chose comme deux AR paris/NYC dans une paire de lunettes (qui lui donnent l'air de designer dès le saut du lit, j'ai envie de lui donner un prénom italien, du coup), poulette se demandait donc si le fait de porter une jupe à quatre centimètres au-dessus du genou pouvait être confondu avec un emploi lucratif de travailleuse du sexe. nous autres, on est vraiment toujours entre deux questions existentielles, comme vous le voyez.
on n'a juste pas les mêmes.
moi je me demanderais plutôt si une jupe n'est pas trop longue, finalement: porter des minis, tant qu'on ne parle pas d'un bandeau-jupe, je vois ça comme de la jambe en liberté, de la légèreté, pas le coup de vouloir faire sa playmate à tout prix. donc je me moquais un peu de ma poulette qui n'osait pas sortir de la cabine d'essayage, rapport à ce complexe incompréhensible et rapport aussi au fait que je m'étais avant fait foutre de la gueule de ma blouse "direct from le cours de peinture sur soie de la MVC*, nan?" et que j'avais donc encore une mortification de retard. mais je me disais aussi que dans mon monde, finalement, j'ai comme ça plein de filles belles de la cuisse & du reste qui bloquent sur la longueur de leur ourlet. comme si elles s'excusaient tout le temps et par avance. d'être jolies, d'être des filles, d'être regardées dans la rue et aussi quand elles sortent des toilettes du resto parce que leur jupe est resté coincée dans l'arrière de leur collant, ce qui arrive même aux meilleures (d'où je dirais la supériorité du bas, sauf quand c'est un dim-up dont l'élastique te lâche en pleine journée ce qui arrive finalement toujours au dim-up, ou en tout cas aux miens, donc: collant). comme s'il fallait se mettre en retrait, en retenue pour pouvoir éprouver toute sa liberté de circulation. comme si le fait de mettre une jupe courte c'était s'être dit, devant le miroir du matin: "tiens, j'enverrais bien du gros message sexuel alentours, moi, today". assumer de se prendre du "t'es bOooonne" tout au long de la canebière, assumer tout ce groooar qu'on inspire à ces espèces d'animaux énervants frustrés. je veux parler des hommes, quoi.
alors déjà, les animaux, j'ai envie de dire, ça mérite parfois un bon seau d'eau froide et un petit coup de trique sur le museau. nan mais. on n'est plus en 1927.
parce que dans mon job de machos, du coup, les filles en mini, c'est le truc soit qui n'existe pas, soit qu'elles ont accepté d'être décrites pluzoumoins à vie comme les allumeuses de l'open-space (euh, sev', si tu me lis: tu ES quand même l'allumeuse de l'open space, honey) à qui on peut faire de la blague salace de la machine à café du matin au bouclage du soir (la blague salace journalistique est pire que la blague salace tout court: le mec qui la profère se CROIT réellement un petit peu comme dieu, tu vois). comme si tu ne pouvais pas être ET sexy ET compétente. comme si mini-jupe = "je vous verrais bien au service beauté & bien-être, mademoiselle, ou alors sous mon bureau?" alors que tu ne rêves que d'économie, de politique et d'horribles sujets sociaux très très pas glamour. comme s'il fallait à tout prix choisir son camp, ne pas brouiller les pistes, être conforme à l'image que les gens se font de toi.
des fois vivre en 1927, ça gave. des fois entendre les filles de mon âge dire "nan, moi je me sens pas du tout du tout féministe", comme si c'était une tare ou je ne sais quoi, comme si c'était normal de se réfréner la féminité pour ne pas être sifllée par maurice, le connard de la compta, aussi. maurice, il est vieux, il est moche, et même pas en rêve le plan cul ou la burka, quoi, maurice.
c'était notre petit coup de gueule du lundi. notre combat pour un monde plus juste, plein de poulettes libérées avec des ourlets à mi-cuisses & des très gros salaires de cadres méga-sup' pour foutre tous les maurice du monde au service bien-être.
nan mais.
* MVC: maison des vieux et de la culture.
photo: défilé chanel sur le concept du "je sors sans ma jupe parce que je le vaux bien".
Publié par piapias à 13:37:39 dans inspiration | Commentaires (59) | Permaliens
Publié par piapias à 10:55:37 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (3) | Permaliens
c'est tenter de télécharger LEGALEMENT (je dis ça pour les sauvageons qui nous lisent et qui pourraient se méprendre) les deux fucking nouveaux titres de noir désir sur leur fucking fucking site.
et échouer.
encore.
encore.
encore.
enc...
Publié par piapias à 09:54:30 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (49) | Permaliens
nan mais je suis trop forte avec la technique, moi, tiens. jane, du coup, c'est obligé les commentaires de plusieurs lignes. bon, allez, on se la danse, cette fin de journée?
Publié par piapias à 18:02:15 dans où mes oreilles clappent leurs mains et font yeah | Commentaires (32) | Permaliens
tu es sérivore. tu veux dire à un point pathologique, tu veux dire depuis toujours: c'est les années 80, tu es à la cantoche, et soudain, c'est le drame: les gosses ont tous des gueules comme si on avait marché sur la lune, enfin comme s'ils avaient, eux, marché sur la lune avec leurs grosses americana et leurs sweats creeks, pour être plus exacte. "quoi, quoi, quoi??? keskispasssse?" demande la chef de bande que tu es alors (c'est avant le cheveu gras, l'acné, la lecture déstabilisante de sartre et rousseau, toutes ces saloperies qui, tombées entre les mains de la pré-ado peuvent gravement compromettre son coeff' de zenitude et donc son pouvoir sur les autres).
ce qui se passe c'est que tu as raté la fin de dynastie. or dynastie est TA vie. tu ES chrystel carrington de toutes tes fibres.
alors tu pleures au-dessus des frites. tu comprends que tes parents sont vraiment des chiens de l'enfer, puisqu'ils t'avaient sans doute envoyée ranger ta chambre pendant le moment le plus important de ta vie. plus tard tu rateras également le dernier épisode des "mystérieuses cités d'or" AINSI que celui où tom sawyer est dans la grotte avec joe l'indien et que ça chie pour son grade. ah, non, ton enfance n'a pas été seulement un champ de marguerites sous la brise, martine. mais à l'époque, il n'y avait pas le numéro vert pour les enfants qui veulent dénoncer la cruauté de leurs proches.
quoi qu'il en soit, à l'époque, déjà, un scénariste de série (on disait soap, alors) était un peu à mi-chemin à tes yeux entre le père noël et dieu. et c'était pourtant avant six feet under, les sopranos, the wire, the shield, 24 h, desperate, heroes, dexter, dr house, nip tuck, my name is earl, jeux de pouvoir, the weeds & gossip girl (un jour comme toutes les blogueuses, je posterai sur GG, ne serait-ce que pour dire à quel point je bave sur leurs kilts et aussi à quel point le fait d'adapter "sexe intentions" en série me laisse perplexe), tes amis de l'amérique avec qui tu as passé des nuits blanches, des nuits d'adrénaline et de larmes (si vous faites partie des personnes qui peuvent regarder ça http://www.wikio.fr/video/568054 sans finir balayés d'émotion le nez dans un kleenex, quittez ce blog immédiatement pour ne ne jamais y revenir, s'il vous plait). tu regrettes juste que pendant que l'amérique te tient éveillée jusqu'à 4h du matin, ton pays -la france de julie lescaut et de fabien cosma, soulignons-le- ait visiblement décidé de continuer à produire exclusivement des histoires palpitantes comme une verveine ou un épisode du "renard", la série remboursée par la sécu en remerciement de sa lutte contre l'hypertension artérielle.
puis tu tombes sur "engrenages". puis tu tombes surtout sur "reporters". ce qui s'appelle un aller-retour, en langage baffe.
alors "reporters", que tu expliques le bidule, c'est la première série qui parle de ton djob, déjà. pour une fois, les héros ne sont ni flics, ni mafieux, ni avocats. ils ont le même open-space que toi, des collègues qui ressemblent aux tiens, des cas de conscience qui ressemblent aux tiens et à la machine à café ils commandent un court sucré, comme tout le monde (il n'y a que dans les pubs royco que des gens choisissent de taper sur "soupe à la tomate"). tu n'as jamais très bien compris pourquoi le journaliste n'était pas plus souvent utilisé comme personnage de fiction réaliste (tu veux dire: sans bretelles ni carte de presse glissée dans le ruban du chapeau), tellement c'est fascinant (si, siiii !) ce qu'on voit dans une rédaction de la france, comme petites magouilles, coups de trafalgar, coucheries interprofessionnelles, pressions politico-économiques & autres décharges de pure excitation sexuelle (le truc qui arrive quand tu "tiens" un sujet que, durant quelques heures au moins, tu vas prendre pour le nouveau clearstream; ensuite plus généralement ton rédac chef te fera comprendre que tu es bien gentille, avec tes exclus lulu, mais qu'on attendra la conf' de presse pour publier, merci et va plutôt m'animer un forum à la con sur internet). dans "reporters", il y a tout ça. de l'intrigue qui te tient un petit peu enfoncé dans ton canapé, le coup de ton métier en pleine déconfiture, un type avec qui tu aimerais éventuellement faire des bricoles sur ton canapé (il en faut toujours un dans une série digne de ce nom), du cliffhanger de ouf, des acteurs excellents, des personnages équivoques, de la fine étude psy ET des ordinateurs réalistes (en france, aucun canard ne dispose de bécanes à la "mission impossible", si je peux détruire un mythe au passage. voilà qui est fait. c'est un peu comme dans les commissariats: il faudrait dire aux gens qui écrivent pour TF1 que la lumière n'est pas bleue comme dans un film de beinex, à la maison poulaga).
bref tu as envie de dire à tout le monde de compter les jours avec toi jusqu'à la saison 2 (et de dire merci canalplay, merci capa drama!).
http://www.myspace.com/ameleia (de la jeune fille divine très très chaudement recommandée par mes soeurs)
ps: vous avez une série qui vous rend un petit peu comme dépendants, vous autres?
Publié par piapias à 11:23:50 dans moi, ma vie, mon cerveau de poule | Commentaires (15) | Permaliens
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