• ma jeunesse fout le camp

    "une période un peu honteuse de ma vie" me disait hier soir ma soeur, parce qu'on en était là, à se remémorer des trucs de nos 18-20 ans, parce que depuis hier des gens d'un passé perdu se remanifestent, des amants, des amies, des gens qui t'ont connue furie, des gens qui faisaient avec toi ces trucs comme le tour de l'ouest en stop dans les traces de l'autre chanteur musette, pour être accrochées comme des berniques ivres au premier rang (et des fois, soir de chance, attraper une invitation backstages) des concerts de mano solo, à trembler comme s'il avait, ce garçon compliqué, un MESSAGE particulier à nous délivrer à nous, les filles du premier rang, les filles amoureuses et transportées du premier rang. 
    ah mais non. ah mais non, pourquoi honteuse? 
    c'est notre jeunesse.
    depuis hier, elle remonte. depuis hier tu découvres que tes collègues, ces gens avec deux enfants, une maison, un prêt sur 25 ans, étaient au même concert que toi, saint-brieuc 94, putain, si loin, "j'avais une vie amoureuse ouh la tumultueuse", elle te dit cette fille sage et raisonnable de ton open space, et voilà des vieux noms jamais évoqués dans cette rédaction qui déboulent et qui font soudain de nous des gens avec un PASSE, tindersticks, babybird, palace brothers, vic chesnutt, et nous voilà soudain d'autres personnes sous nos peaux de maintenant, nous voilà soudain avec nos 20 ans, nos emballements, nos doc martens, nos cimarron, nos cols camionneur, et tout ce qu'alors on imaginait de nos vies futures -c'est à dire coucher avec bertrand cantat, globalement. on est très ambitieux quand on a 20 ans. "on est à un moment de nos vies où il va falloir admettre que l'insouciance, c'est fini", elle me disait ma copine de burlingue, et oui, voilà, c'est un peu ça qui me fait une boule de chagrin et d'autre chose encore ce matin, désormais nous enterrerons notre jeunesse des premiers rangs petit à petit, il va falloir s'y faire. ce n'est jamais les johnny hallyday qui se tirent les premiers.
    hier au journal ceux qui avaient le coeur à se taper une pizza étaient tous nés après 1979 ou avant 1972 et tu n'avais vraiment rien à leur dire à part que la trois fromages, ça pue.
    il y a très longtemps je me moquais de ma mémé, qui commençait toujours sa lecture du journal par les avis d'obsèques. c'était avant facebook. très longtemps je te dis. "à mon âge, quand tu as des nouvelles des gens de ta jeunesse, c'est souvent à cette page" elle me disait. je n'y comprenais rien. de toute façon les vieux, hein. désormais quand je regarde un visage ancien je ne fais que chercher, sous les rides, la coquine de 20 ans, avec son coeur qui tremblait peut-être pour le premier chanteur un peu écorché venu, avec ses prétendants, ses nuits blanches, ses petits matins, son saint-brieuc 94 à elle -l'acmé de sa jeunesse.
    c'est un lundi pas tellement à faire tourner les serviettes en d'autres termes.
    je ne saurais trop vous conseiller, aujourd'hui un petit peu plus encore que d'ordinaire, la lecture de besnob.com


  • Commentaires

    1
    Lundi 11 Janvier 2010 à 19:59
    Aghhh
    Qu'il est beau, ce post ... Moi, c'était au premier rang de Stereophonics, de Feeder ou de Garbage (pas la même génération, hein? ;-)
    2
    piski
    Lundi 11 Janvier 2010 à 20:43
    .
    eh ben... vous êtes tous les 2 bien inspirés aujourd'hui http://www.manularcenet.com/blog/
    3
    avagualame
    Lundi 11 Janvier 2010 à 20:57
    humpff
    galliane: merci ma grande... c'est l'époque juste avant toi ;) piski: il est super beau le site de ton pote, dis donc... (mais mon post is better ;-p)
    4
    poulette
    Lundi 11 Janvier 2010 à 23:03
    la larme à l'oeil
    je me disais tout ça hier, moi aussi. Que je me sentais vieillir en regardant la peau de mes mains se flêtrir, en retrouvant des cahiers d'écoliers avec mon écriture d'enfant, mes collages, en essayant de me souvenir de l'époque où j'avais pu être insouciante (ça, je n'y suis pas arrivée!)... bref, les gens qu'on aimait meurent, nos rides au coin de l'oeil nous rappellent que nous ne sommes déjà plus la nouvelle génération et en regardant autour de soi, on se trouve déjà vieille conne. C'est comme ça. très vite, les jeunots dans la rue ne nous regarderont même plus. Ainsi va la vie...et pour la 4 fromages, je suis tout à fait d'accord. ça pue surtout dans une rédaction! et Eva, c'est grave si moi, quand j'étais jeune, j'allais au concert de simple minds en espérant pouvoir lécher la sueur de Jim Kerr??????
    5
    avagualame2
    Mardi 12 Janvier 2010 à 14:27
    jim kerr
    putain poulette il était pas roux jim??? mais les roux ça pue !!!!
    6
    Mamzelle_Mutine
    Mardi 12 Janvier 2010 à 20:53
    Bon sang de diou
    Comme il me parle ton texte sublimement poignant, mercii, il m'a collé la larmiche (...) Dimanche pas mal n'en menaient pas large et lundi les gorges étaient encore nouées au bureau et valse d'anecdotes et de regards complices parfois surprenants c'est vrai et le palpitant en vrille.. série noire (et Dennis Hopper qui ne veut plus la jouer Easy Rider pour très longtemps..snif )On a beaucoup de références soniques en commun itou Palace, Tindersticks, Vic (...) (sf que ma vie future je la voyais avec Dave Navarro des Jane's Addiction qui venaient d'intégrer les Red Hot et j'étais une follasse des Lemonheads d'Evan Dando;) 'Oh Death I'm not not ready..' (Vic 'why did you choose to die so soon' Chesnutt - I flirted with you all my life) j'arrive plus à poser une oreille sur son 'At The Cut' son dernier disque sublime c'est trop tôt je crois..
    7
    Mercredi 13 Janvier 2010 à 02:01
    bon
    j'avais des tas de trucs intéressants à dire, mais impossibeul de commenter hier !
    8
    Mercredi 13 Janvier 2010 à 02:01
    bon
    à bah voilà ça remarche !
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