<< françoise dolto, sors de ce corps | la griffe de l'homme | song for derrick (il est mort le soleil) >>
c'est ma copine miss marseye qui me demandait toutal' "dis, ava, toi qui dépenses tout ton argent sous forme d'habits et que du coup c'est tes copains qui sont obligés de t'équiper en puériculture de base, si je devais écrire un papier sur la mode de marseille, tu dirais que le marseillais de base, il s'habille comment?"
alors j'aurais pu dire: ma petite biche, justement PAS comme ce barbu, là, juste au-dessus.
on a cherché. causé gel vivelle dop, causé petites sacoches vuitton, on a causé sans contrefaçon je suis un garçon de la rue camille-pelletan (un peu notre made in china à nous autres), causé de leur goût étrange, l'été, pour le short de plage fleuri de marque vilbrequin porté torsepoil avec la serviette de plage autour du cou, causé des filles de chez moi qui mettent des fois des micro-shorts en jean mais avec des leggings dessous, des fois même des leggings mi-mollet,causé du fait que la morphologie n'entrait que rarement en ligne de compte au moment de s'habiller, que par exemple des fesses larges comme la porte d'aix, ça allait souvent avec des bermudas moulants VOIRE scintillants, causé des mèches blondes, causé des pulls rayés roses (je crois) pour hommes malingres, causé des jeans kaporal, causé de ce qui ferait éventuellement qu'une rue de chez nous ne ressemblerait pas à une rue de chez vous. on s'est dit aussi que le look marseillais, ça s'était barré en toupie finalement. que même les cagoles, désormais, mettaient des robes chasubles et des fausses bottes basses grises comptoir des cotonniers, qu'on ne leur voyait plus forcément le string dentelle rose, que dans la rue st-fé c'était l'attaque des clones, et que ces clones s'étaient mis en sourdine. on s'est dit comme ça que les frontières s'étaient estompées. un peu. que bien sûr, y avait encore des mecs en jogging, avec le bas de survêt' rentré dans les chaussettes de sport, et même que ça faisait rire. mais que moins qu'avant. on s'est dit que cette drôle de ville du sud, cette ville d'en bas, pleine de complexes, cette ville fanfaronne qui s'invente des dieux improbables comme des supporters qui pleurent dans un tribunal madrilène, cette ville avec son humour, ses mensonges, ses signes extérieurs de richesse et sa misère crasse, était en train de rentrer dans le rang de la fashion.
que c'était peut-être ça, marseille, aujourd'hui: une envie de la jeunesse d'en être, de se ravaler, une envie forcenée de cette ville mal foutue de cesser d'être moquée, rabaissée, calomniée pour son manque de chic, de culture, d'élégance, de cohérence, une envie rageuse de ressembler à des parisiens ou au moins à des lyonnais ou au moins à des aixois (mais ça c'est impossible), qui pousse à ne pas prendre de risques, à copier les postures, les allures, de vous autres les gens d'en haut, du nord, de loin, vous les gens qui savez la mode, une envie qui interdit de quitter les chemins bien balisés, à s'inventer soi. quitte à se perdre. quitte à faire des rues pleines de gilets en peau de lapin, jeans flare bruts, chemises à carreaux, low boots, manteaux d'officier. des oripeaux validés par vous. mais avec dessous, ce qui reste, ce qu'il y a encore et qui s'accroche comme une vieille tique familière: toujours ce sentiment d'insularité que l'on ressent dans cette drôle de ville qui ne ressemble à rien d'autre et qui parle plus fort que tout le monde.
ce barbu, ce qu'il dit, en ne disant rien devant le sartorialist, là, c'est l'aisance, la culture, le bon goût, la différenciation chic de son monde, son raffinement. c'est beau. on a envie de lui demander comment ça marche, une barbe si bien taillée. on a envie de lui demander d'où ça vient, l'idée des lunettes rétro glissées dans le col de chemise au rouge parfait, la montre vintage 80, le petit chapeau, la pochette blanche. cette paix de soi. à paris, à NYC, on penserait juste "un jeune homme chic"; chez nous, où l'on a si peur de se singulariser, de dire des choses intimes de soi avec des vêtements et le coup de ciseau d'un barbier, parce qu'il faudrait d'abord digérer des siècles de complexes, il y aurait peut-être du coup des garçons celio sport pour lui jeter des pierres.
bon courage pour ton papier, quoi ;).
http://www.myspace.com/balticfleet (ouh la comme c'est bien !!!)
photo: sartorialist
Publié par piapias à 20:20:44 dans inspiration | Commentaires (13) | Permaliens
13-12-2008 12:12
De ava Sujet:
hi, girls
13-12-2008 01:20
De marseye Sujet:
Ouh lala !
12-12-2008 15:50
De émilie j.... Sujet:
look marseillais
11-12-2008 20:46
De Jane... Sujet:
faut tout faire dans cte tute marseilleise
10-12-2008 21:10
De ava Sujet:
avant ça
10-12-2008 21:05
De Jane...
Sujet:
et alors? Url: [Liens]
10-12-2008 21:03
De ava Sujet:
j'ai vérifié
10-12-2008 21:01
De Jane...
Sujet:
le mec à Url: [Liens]
10-12-2008 21:00
De ava Sujet:
attends !
10-12-2008 20:59
De piski Sujet:
.
10-12-2008 20:46
De Jane...
Sujet:
c est pas le mec Url: [Liens]