<< attention martine, explicits lyrics | le sacrifice | passe-partout, c'est ton petit ami? (le marketing viral expliqué à martine) >>
poulette va avoir un âge qu'aucun d'entre nous ne pensait jamais atteindre: pas parce que nous aurions vécu vite et mourru jeune (vivre lentement, c'est très bien aussi, et clamser à 99 ans dans son sommeil comme soeur emmanuelle, je pense qu'on peut trouver trépas plus dégueu), mais parce que, tout simplement, quand tu as encore une carte 12-25 à la sncf, tu crois que la jeunesse est ton état personnel, ton état personnel pour toute la vie. les pattes d'oie et le souffle court, c'est toujours pour les autres, pas vrai? toi tu es la fraîcheur de vivre. d'ailleurs il t'arrive encore d'avoir de l'acné: n'est-ce pas la preuve ultime que tu transpires l'adolescence par tous les pores de ta peau caractérielle? mais bref, poulette n'a plus de carte 12-25 depuis dix ans et tu es donc là, dans ce mall, à traquer le cadeau qui ferait un peu, genre, 35 ans. dommage, toujours pas de boutique avec des hommes en libre-service dedans. du coup tout paraît un peu plan B, un peu lot de consolation aux chiffres & aux lettres, un peu passage à H&M après excursion chez zara. donc dépitée d'hommes à vendre, tu entres chez minelli: une marque que tu ne fréquentes plus guère, car à un certain niveau d'arnaque (de la pompe à 169 euros fabriquée en malaisie? mais pourquoi pas !!!), tu cesses d'être shoesivore. et tout de suite tu les vois: comme qui dirait les low boots parfaits. pointus, cloutés, cambrés. tu les essaies car, comme ça tombe bien dis donc, tu partages avec poulette une forme d'humour de hyène et cette pointure 38. dans le miroir, c'est simple, tu as l'air... d'une mannequine. d'une mannequine enceinte jusqu'à la frange, mais d'une mannequine quand même, merde. d'ailleurs la fille assise à côté en train d'essayer des bottes molles te regarde et a visiblement un léger malaise de jalousie. la fille assise à l'autre bout du magasin te sourit avec l'air de vouloir arracher les clous de tes low pour te les planter dans les yeux. la fille qui passait dans la galerie du mall l'air pressé fait demi tour, entre dans le minelli et demande à voir tes low en 40 en faisant mine de ne pas te regarder. comme cela est doux au coeur, parfois, d'être haïe. en tout cas la vendeuse a déjà sorti sa machine à cébé tellement l'affaire semble entendue. il y a des couples naissants, parfois, qu'il est évident à tous que rien, non rien de rien ne saurait séparer. toi, tu es déjà en train d'essayer mentalement la paire de low avec tout ton dressing et c'est la magie, tout en est comme transcendé. tu connais cet état, cet état s'appelle: l'achat impulsif excitant qui à la fin du mois fait que tu es pauvre, telle ce précaire de job, et que tu entretiens une relation de duperie avec ton mari: mari à qui tu tenteras de faire gober que, non, ces low, tu n'aurais pas été jusqu'à les acheter, mais que tu les as quasiment trouvés par terre, dans la rue, oui, dans ta pointure, si c'est pas dingue mon chéri tu veux que je te masse les trapèzes en toute petite tenue ? enfin ce vieux sketche dans lequel je perds toute dignité. puis que se passe-t-il? soudain l'image de poulette, une fille qui ne peut pas blairer les trucs à clous, une fille qui est un peu la délicatesse d'audrey hepburn alliée à l'humour d'un routier ukrainien, se superpose au papier de soie dans lequel la vendeuse est en train de rouler tes low si rock. tu prends conscience que c'est justement la fin du mois. tu prends conscience que la phrase "et pour tes 35 ans, je me suis offert ces low" n'est pas prononçable dans la vraie vie, enfin dans mon cercle de gens coincés de la morale. tu prends conscience que ton propre anniversaire n'aura lieu que dans trois mois et qu'en attendant, tu as déjà flambé pour 12. puis tu te souviens aussi qu'il te reste ce joker "liste de naissance" dans ta manche 3/4: entre le maxi cosy et la poussette tout-terrain, tu pourras peut-être encore glisser "low boots cloutés minelli" sans attirer l'attention et la shame sur ta face? tu dis à la vendeuse, avec cet air de madone au martyr que tu sais si bien prendre en ce moment, que non, finalement non. le coup des chiffonniers du caire, à côté, c'est de la petite bière d'altruisme. photo: piquée sur le blog de la pipelette. j' avais pas le coeur à pétrifier davantage les filles de minelli en dégainant mon pentax pour me shooter les chevilles. la plus belle chanson du monde? oh oui, tiens :) http://www.youtube.com/watch?v=i2V_ZT-nyOs
Publié par piapias à 17:23:23 dans inspiration | Commentaires (14) | Permaliens
23-10-2008 09:54
De Nuchenuche Sujet:
bravo Url: [Liens]
22-10-2008 20:02
De ava Sujet:
je comeback du boulot
22-10-2008 17:22
De lapin Sujet:
poulette...merci
22-10-2008 17:12
De poulette Sujet:
vive lapin!
22-10-2008 17:09
De poulette Sujet:
merci benetie
22-10-2008 16:05
De benetie Sujet:
tu mérites une médaille Url: [Liens]
22-10-2008 12:42
De poulette Sujet:
c'est trop mignon!
22-10-2008 11:00
De minisushi Sujet:
de toute beauté Url: [Liens]
21-10-2008 20:23
De lapin Sujet:
donnez-moi le scalpel
21-10-2008 18:50
De ava Sujet:
c'est clair, lapin
21-10-2008 18:48
De lapin Sujet:
HAPPY B.
21-10-2008 17:41
De Swannn Sujet:
Ah oui,
21-10-2008 17:35
De piapias
Sujet:
je te jure Url: [Liens]
21-10-2008 17:34
De Swannn Sujet:
C'est beau